Eglises d'Asie

Le président Moon se prépare à accueillir Kim Jong-un

Publié le 08/11/2018




Le président sud-coréen a rencontré, lundi 5 novembre, les dirigeants des cinq partis politiques siégeant au parlement afin de préparer la rédaction d’une déclaration destinée au leader nord-coréen avant sa venue en Corée du Sud. La visite de Kim Jong-un est prévue d’ici fin 2018, mais les Sud-Coréens restent divisés.

 Ce lundi 5 novembre, le président sud-coréen Moon Jae-in a demandé aux dirigeants des cinq partis siégeant au parlement coréen de signer une déclaration d’accueil destinée au dictateur nord-coréen Kim Jong-un. Selon l’accord historique du sommet de Panmunjon, ce dernier devrait se rendre en Corée du Sud d’ici fin 2018. La date n’a pas encore été fixée, la Corée du Sud souhaitant vérifier si les dirigeants américain et nord-coréen comptent organiser un second sommet entre les deux pays. Durant sa rencontre avec les partis officiels sud-coréens, le président Moon a confié qu’il espérait que tous accepteraient la déclaration dans une démarche excluant tout esprit de parti. La rencontre a duré trois heures. « Quant à la question de savoir si le leader nord-coréen Kim se rendra à Séoul comme prévu, le président a déclaré que les préparatifs sont en cours », explique Hong Young-pyo, chef du parti démocrate au pouvoir. Kim Kwan-young, dirigeant du parti Bareunmirae, ajoute qu’il « approuve la signature d’une déclaration par l’assemblée nationale », destinée au leader nord-coréen, mais il pense que la question doit être abordée au sein de l’assemblée.

La rencontre du président Moon avec les dirigeants des cinq partis est survenue après l’accord d’août entre le bureau du président et les partis politiques, prévoyant une consultation tous les trois mois afin de trouver un terrain d’entente à propos de nombreux différends politiques. Lors de la rencontre du 5 novembre, ils ont étudié un plan destiné à supprimer des réglementations commerciales excessives et à étendre les allocations familiales afin de soutenir le taux de natalité en Corée du Sud. Ils sont également parvenus à un accord afin de réprimer l’alcool au volant et le fait de filmer les gens sans leur accord. Pourtant, la paix dans la péninsule coréenne reste une question difficile dans le programme du président Moon. Des enquêtes montrent que la plupart des Sud-Coréens sont divisés. D’un côté, il y a ceux qui sont favorables à un rapprochement avec la Corée du Nord, en particulier parmi les électeurs du parti démocrate ; d’un autre côté, les autres en craignent les répercussions, en particulier sur l’économie. Les comparaisons avec les deux Allemagnes divisées avant la chute du mur de Berlin sont biaisées. L’économie nord-coréenne ne peut pas être comparée avec ce qu’était l’Allemagne de l’Est, dont l’économie était essentiellement basée sur l’industrie lourde construite grâce à l’aide soviétique. Vu l’immense fossé entre les connaissances, les compétences et le modèle commercial des deux Corées, intégrer les travailleurs nord-coréens dans l’économie sud-coréenne n’a pas concevable à ce stade. L’Église catholique est, elle aussi, divisée. Certains appellent à intégrer les Nord-Coréens dans la société, mais pour une grande partie des catholiques sud-coréens, le fait d’ouvrir les frontières et de retirer les troupes américaines de Corée serait « un désastre ».

(Avec Asianews, Séoul)


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