Eglises d'Asie

Un groupe sud-coréen appelle à protéger les transfuges nord-coréennes victimes de trafics en Chine

Publié le 30/03/2023




Le groupe NKDB (Database Center For North Korean Human Rights) a identifié près de 82 000 cas de violation des droits des Nord-Coréens, dont plusieurs milliers de femmes, parmi les transfuges ayant fui la Corée du Nord pour rejoindre une région frontalière en Chine. La fermeture des frontières durant la pandémie aurait rendu leur protection plus difficile pour les ONG. Le groupe international Global Rights Compliance estime qu’on compte entre 150 000 à 200 000 transfuges nord-coréens en Chine.

Selon le centre NKDB (Database Center For North Korean Human Rights), une association locale qui lutte pour les Droits de l’Homme en Corée du Nord, plusieurs milliers de réfugiées nord-coréennes ayant fui le Nord ont été victimes de trafics dans une région frontalière en Chine. L’organisation a identifié plus de 82 000 cas de violation des droits des Nord-Coréens, dont plusieurs milliers de femmes.

Celles-ci ont été victimes d’une mafia active dans la préfecture autonome coréenne de Yanbian (subdivision administrative du Nord-Est de la province du Jilin, en Chine). Selon iNews, ces activités produisent près de 105 millions de dollars US de recettes par an pour les réseaux criminels chinois et nord-coréens.

Une des victimes, anonyme, décrit son mariage forcé avec son ex-mari chinois à Yanbian comme abusif et traumatisant. « J’ai été vendue à un Chinois de l’ethnie Han qui vivait à Yanbian. Nous avons vécu ensemble un an et comme je ne pouvais pas avoir d’enfant, il me battait », raconte-t-elle. « Il m’a frappée à la tête. Depuis, je suis dépressive », poursuit-elle.

Les transfuges nord-coréennes piégées par les trafiquants chinois sont victimes de nombreux abus (notamment des cas de viol, d’esclavage sexuel, de mariage forcé et de travail forcé). Les plus jeunes victimes ont près de 12 ans selon INews, qui estime que jusqu’à 70 à 80 % des transfuges nord-coréennes réfugiées en Chine sont victimes de ces trafics sans espoir d’évasion.

Environ 150 000 à 200 000 transfuges nord-coréens en Chine

Sofia Evangelou, conseillère juridique du groupe international Global Rights Compliance, souligne que dans cette zone, il est difficile d’identifier et de secourir les victimes, à cause de la dissimulation d’information. Le groupe précise que ses précédents rapports indiquaient la présence d’environ 150 000 à 200 000 transfuges nord-coréens en Chine. Par ailleurs, la fermeture des frontières entre la Corée du Nord, la Chine et la Corée du Sud durant la pandémie a rendu presque impossible toute échappatoire pour les transfuges exploités par les trafiquants.

L’organisation décrit également le sort des transfuges rapatriés en Corée du Nord après une tentative échouée d’évasion. Ces derniers sont renvoyés de force dans leur pays ou sont attrapés par les autorités nord-coréennes, avant d’être dénoncés comme traîtres et condamnés à des traitements inhumains, dont des emprisonnements sans procès.

Le groupe affirme que le gouvernement nord-coréen offre des récompenses lucratives aux habitants qui signalent la présence de réfugiés nord-coréens à Yanbian. Certains d’entre eux sont condamnés à mort dès leur retour en Corée du Nord, et d’autres sont envoyés dans des camps de travail.

« Cela ne cessera pas sans la mobilisation d’une action internationale concertée »

Face à cette situation, Sofia Evangelou appelle la communauté internationale à combattre ces abus qui violent tous les traités internationaux. « Cela ne cessera pas sans la mobilisation d’une action internationale concertée », assure-t-elle, en ajoutant que « la communauté internationale ne peut pas continuer fermer les yeux sur les atrocités commises contre ces femmes et ces enfants ».

En mars, Elizabeth Salmon, Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Corée du Nord, a l’a également dénoncé dans un rapport adressé lors de la 52e session du Conseil des droits de l’homme (27 février – 4 avril 2023). « Beaucoup de femmes et de filles tentant de fuir [la Corée du Nord] sont vendues et mariées de force à des hommes chinois, ou sont victimes de trafics sexuels », a-t-elle souligné. Elle a aussi affirmé que les actions chinoises contre la traite des personnes ne les protègent pas, les victimes nord-coréennes étant considérées comme en situation illégale et sans statut de réfugié.

(Avec Ucanews)

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