Témoignages missionaire

Funérailles et évangélisation

Publié le 19/07/2021




Quand on pense évangélisation, les funérailles ne sont pas ce qui nous vient à l’esprit en premier. Pourtant, depuis trois ans que le père Nicolas de Francqueville accompagne les catéchumènes de sa paroisse, un nombre non négligeable d’entre eux ont fait le pas du baptême suite aux funérailles d’un proche.

Environ 15 % des Hongkongais sont chrétiens, la moitié catholique et l’autre moitié protestante, toutes dénominations confondues. La majorité de la population se définit comme étant sans religion, mais avec un fond de culture chinoise taoïste quand il s’agit de demander les faveurs du ciel, au moment de la nouvelle année ou bien pour les rituels de funérailles. Ces funérailles, dans le rite taoïste, sont en général très chères, entre la présence payante de moines pour les prières et la fabrication en bois ou en papier de tout un tas d’objets de la vie quotidienne (maison, voiture, bateau, vêtement, nourriture, aux billets 燒紙, etc.) qui seront brûlés afin de les faire passer de l’autre côté de la mort pour que le défunt ne manque de rien dans l’autre monde. Il y a aussi le rite de 破地獄, l’ouverture des portes de l’enfer, à grand renfort de cymbales et trompettes. Par contraste, le rituel catholique des funérailles est sobre et paisible avec des lectures qui invitent à méditer sur l’amour de Dieu, la foi en Jésus-Christ et l’espérance de la résurrection des morts.

Souvent, une bonne partie ‘‘ des membres de la famille ou des amis du défunt ne sont pas baptisés et sont touchés par la simplicité du rituel et les paroles d’espérance qu’ils entendent.

L’équipe de funérailles de notre paroisse compte environ une cinquantaine de personnes. Ces bénévoles sont au minimum une dizaine à faire le déplacement à chaque célébration de funérailles, pour prier le chapelet avant le début de la cérémonie, soutenir le prêtre pendant la liturgie, prendre le bus affrété pour aller jusqu’au crématorium pour les dernières prières avant l’incinération. Cela touche beaucoup les non-chrétiens que des per- sonnes donnent de leur temps gratuitement pour prier pour un défunt qu’elles ne connaissent pas. Ce n’est pas dans les habitudes. Dans la culture chinoise, parler de la mort 死 (sein) est tabou. C’est d’ailleurs pour cela que le chiffre 4 (sei), dont la consonance est proche de la mort (à un ton près), est banni de beaucoup d’endroits. En prenant les ascenseurs des gratte-ciel à Hong-Kong, les étages 4, 14, 24, 34, etc. n’existent pas !

Après les funérailles, nous sommes souvent invités par les membres de la famille à prendre le repas au restaurant avec eux et c’est l’occasion de mieux les connaître et, pour ceux qui ne sont pas chrétiens, de rencontrer un prêtre et de parler de questions spirituelles, pour ceux qui sont déjà baptisés dans la famille de pouvoir témoigner de leur foi de manière positive.

Ainsi, après les funérailles, il nous arrive régulièrement de recevoir des demandes pour entrer au catéchuménat. Comme cela a été le cas de Sophie, une jeune maman que j’accompagne, toutes les semaines, lors de la rencontre de catéchuménat du mardi soir et qui a été baptisée avec ses trois enfants et soixante- dix autres catéchumènes à Pâques.