Aventure Missionaire

Ma première communion à Hong-Kong

Publié le 30/10/2018




« Il y a parfois des moments dans la vie ou tous les voyants semblent passer au vert. L’important est alors de s’abandonner et de se laisser guider ». Telle est la réflexion que je me fais en retraçant les évènements qui m’ont amenée à faire ma première communion à Hong-Kong.

 

 

Le questionnement sur mes croyances est une réflexion que j’ai long- temps gardé au fond de moi sans avoir eu le courage de m’y pencher sérieusement. Puis, peu à peu, suite à diverses circonstances dans ma vie personnelle, le besoin d’y voir plus clair s’est fait urgent. Tout en sachant que ni de mes questions, ni de mes doutes je ne parviendrai jamais à bout, une grande partie de ma réticence à me lancer venait de là. Après tout, la foi est un sujet sur lequel on médite tout au long de sa vie.

Partir de zéro

Bien qu’issue d’une famille de tradition catholique, la religion semble toujours avoir été un sujet que nous n’abordions pas. Nous n’allions à la messe que pour des occasions spéciales et ma vie spirituelle était quasi inexistante. Baptisée, je n’ai pas été instruite dans la foi. Commencer cette réflexion signifiait pour moi partir de zéro, tout était à apprendre. Je me demandais ce en quoi je croyais et j’étais curieuse de découvrir ce en quoi tant d’autres croyaient profondément.

C’est alors que j’ai entendu parler des MEP et j’ai décidé de postuler, persuadée que je ne serais pas retenue. Et pourtant… Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai été convoquée à l’entretien ! J’en garde un souvenir très fort. Je me rappelle que Geneviève m’a fait remarquer que je semblais hésiter à franchir ce pas vers l’inconnu, à commencer cette réflexion sur ma conception floue de la foi et de mes croyances. De quoi avais-je peur ? Je ne pou- vais en tirer que des bénéfices. Le pas, je crois l’avoir franchi en partie grâce à elle. Pour la première fois, j’avais en face de moi quelqu’un avec qui discuter ouvertement de spiritualité, de la religion catholique, et qui me comprenait. Sujets qu’auparavant je pensais trop intimes pour oser les aborder (peut-être était-ce lié au fait que je ne parlais jamais de foi avec mon entourage).

Envie inextinguible de débattre

La semaine de formation a été une étape très importante de mon cheminement. Pour la première fois, j’avais la chance d’être en présence de personnes de mon âge ayant une foi qui les rendait heureux. Plus d’un ont eu à subir le flot ininterrompu de mes questions. Il faut dire aussi que cette semaine a été très dense et riche en enseignements, en rencontres et en temps de prière. J’ai énormément appris.
Je ne cache pas que les premiers jours ont été vraiment compliqués pour moi. Je ne disposais pas des codes, je ne connaissais pas encore les gestes, ni les paroles, je me retrouvais dans des situations où je ne comprenais pas ce qui se passait. Dès le premier jour, imaginez une soirée d’adoration alors que je ne savais pas ce que c’était et que personne ne me l’a expliqué. Et puis, au fur et à mesure, je posais des questions, je comprenais mieux les choses et je me sentais de plus en plus à ma place.

À la fin de la formation, j’étais à la fois épuisée et gonflée à bloc pour ma mission. La veillée de prière du dernier soir m’a particulièrement chamboulée. Je m’y suis fait la promesse de faire tout mon possible pour « trouver Jésus » Quel meilleur endroit que chez Les Petites Sœurs des Pauvres pour avoir un témoignage concret d’une foi immense ? Elles qui se dévouent pour les personnes âgées qu’elles accueillent. La profusion d’amour et de bienveillance qu’elles sèment autour d’elles me touche profondément. Les semaines précédant le départ sont passées très vite. Vient le temps des derniers préparatifs, des dernières discussions aussi avec mon entourage qui ne comprenait pas toujours les raisons de mon départ avec les MEP. Mon binôme Anne-Sophie et moi-même arrivons le 9 avril à Hong-Kong. Sa présence m’a permis de partager avec elle au quotidien mes doutes et mes questionnements en rapport avec la religion.

Au début, je peinais à trouver mon rythme en termes de pratique religieuse. Je me rendais tous les matins à 7h15 à la messe. D’autres temps de prière rythment la journée : les laudes sont facultatives, par contre nous sommes conviées aux vêpres dans l’oratoire des Sœurs à 17h15. Puis à 20h, nous nous rendons dans la chambre du Père Lajeune, pour lui lire les complies. Ce prêtre missionnaire fête sa 68e année d’ordination et il est un résident haut en couleur de la maison.

Je traverse alors une période difficile, je réalise que passer d’une pratique religieuse inexistante à ce rythme est trop soutenu pour moi, malgré ma volonté de m’impliquer au maximum. Je me rends à la messe en semaine de façon moins régulière. Le fait de ne rien comprendre et de ne pas aller communier rendait ce moment compliqué pour moi. Je suis alors allée aux messes en français en semaine et le week- end, nous assistons à la messe de la communauté francophone de Hong-Kong.

La première communion

Dix jours après notre arrivée, mon professeur de cantonais m’interpelle pour savoir si je souhaite faire ma première communion ici, à Hong-Kong. Sur le coup, je ne peux cacher ma surprise. Je n’avais pas envisagé cette possibilité ! Le lendemain, en me rendant aux complies, le Père Lajeune m’annonce qu’« avec toute l’autorité dont il dispose », ma première communion aura lieu le 3 juin, jour de la Fête Dieu.

Nous sommes le 20 avril et ma préparation débute alors. Celle-ci s’organise avec Valentin, volontaire MEP pour un an et séminariste, au rythme de deux séances de catéchisme par semaine, et avec le Père Lajeune lorsque nous trouvons un moment. J’apprends beaucoup, je questionne et Valentin me pousse à m’interroger. D’humeur taquine, j’envoie des invitations à ma première communion à ma famille et mes amis. Je leur donne rendez-vous le 3 juin à la St Mary’s Home For The Aged de Hong-Kong. À mon grand étonnement, une personne répond présente : ma mère ! Quelle heureuse surprise. Elle a fait le déplacement et était présente pour ce jour important. La messe était en cantonais, mais cela m’importait peu car j’étais parmi ma famille d’adoption hongkongaise, les personnes âgées de la maison, son personnel et ses bénévoles, le Père Lajeune, les treize Petites Sœurs, Joséphine notre professeur de cantonais, et bien évidemment mes co-volontaires MEP Anne-Sophie et Valentin. Au final, je dirais que la joie de la mission, c’est savoir se laisser surprendre et apprendre à ouvrir grand les yeux pour déceler le bonheur dans les choses simples.


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