Comment prier ?

Publié le 11/12/2018




Pour se mettre en présence de Dieu, les méthodes sont nombreuses, et elles ont fait leurs preuves ! Chapelet, louange, oraison silencieuse, liturgie des heures, adoration… il y en a pour tous les goûts. Pour tous les emplois du temps. Chacune de ces pratiques est précieuse : elle nous met en présence de Dieu. Et quand nous lui confions du temps, Dieu agit en nous pour nous guérir, nous apaiser, nous élever jusqu’à Lui. Cela vaut la peine.


Dans nos vies étudiantes ou professionnelles, nous passons beaucoup de temps à apprendre. Nous étudions des choses parfois compliquées, souvent difficiles : résoudre des équations, écrire des notes de synthèse, mémoriser des chronologies, parler en public… Les compétences que nous acquérons nous permettent sans doute de trouver notre place dans la société, d’exercer un métier, peut-être de fonder une famille. Nous pouvons mettre nos qualités au service de projets qui ont du sens. C’est important et heureux.

 

Mais est-ce qu’il ne serait pas aussi utile de prendre le temps d’apprendre à prier ? Car on peut apprendre à prier ! Comment on apprend à parler ou à marcher, notre âme peut apprendre à s’apprivoiser pour se laisser petit à petit pétrir entre les mains de Dieu. C’est intuitif et naturel, et, pourtant, nous avons à fournir un effort.

 

Parce que la première des tentations qui guettent le priant, c’est le découragement. En essayant d’évaluer si sa prière est efficace, ou de la mesurer à la qualité des sensations qu’elle lui procure, l’apprenti mystique se confronte vite à l’invisible. Et l’invisible le décourage. Pourtant, Dieu agit réellement dans le secret. Son action est réelle, vraiment efficace, mais elle se déploie dans le silence de la foi, c’est-à-dire que nous n’en avons pas nécessairement de signe sensible, visible.

 

Quand nous prions, nous ne perdons pas notre temps. Au contraire. C’est sans doute le temps le mieux investi de notre journée. Parce que beaucoup des choses que nous faisons passeront. D’autres résoudront des équations à notre place, écriront de belles notes de synthèse, nous oublierons les chronologies que nous avons apprises avec tant de peine, et un jour quelqu’un de plus jeune parlera en public à notre place. Mais la prière restera, la qualité de notre relation à Dieu ne passera pas. Au soir de notre vie, que nous restera-t-il ?

 

Le premier fruit de la prière est la persévérance. La persévérance, c’est la vertu de celui qui sait être fidèle, de celui qui dure. La grandeur de l’homme, c’est la fidélité : celui qui est fidèle accomplit de grandes choses.

 

Celui qui prie régulièrement construit en lui une cathédrale. Chaque jour, il taille une pierre qui élève sa construction spirituelle. Il est comme Moïse qui, pendant quarante ans, a construit l’Arche, sans voir autour de lui aucun signe du Déluge. Fidèlement, patiemment. Et, un jour, Moïse est entré dans l’Arche, et son œuvre l’a sauvé.

 

La prière construit notre vie sur le rocher qu’est le Christ. Celui qui sait prier peut traverser les tempêtes. Il porte en lui un trésor qui le nourrira pour toujours. Il n’y a pas besoin d’avoir fait de grandes études pour prier, ni d’être sportif ou de parler des langues compliquées. On peut prier assis, en marchant, debout. Malade ou en bonne santé. Heureux ou triste. Chez soi ou dans le métro. Ce qui manque, souvent, c’est la décision de consacrer régulièrement un peu de temps à Dieu, gratuitement. Dans la certitude que notre prière est entendue, efficace, utile. Non pas par la force de nos performances mentales, mais par l’action de Dieu. Que notre prière porte le monde. Qu’elle apporte la vie à ceux qui sont dans la mort. Qu’elle réjouit. Qu’elle console. Invisiblement, mystérieusement. Mais réellement.

 

Notre âme est comme un jardin que Dieu respecte. Si nous n’ouvrons pas la porte, il ne la forcera pas. Confier du temps à Dieu, c’est lui ouvrir la porte de notre jardin intérieur, et prendre le risque de le rencontrer. Oserons-nous ?

Père Alexis Balmont, MEP

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