Du 13
février
au 25
avril

Portraits en miroir :
l’art sculpté de la Vierge Marie et du bodhisattva Guanyin

Christophe Decoudun, commissaire de l’exposition
Exposition organisée par les Missions Etrangères de Paris

 

L’exposition s’appuye sur les collections de l’Irfa ainsi que sur plusieurs fonds privés, elle se propose de mettre en regard des représentations historiques et inédites de ces deux icônes féminines du christianisme et du bouddhisme. L’exposition abordera la manière dont leurs images sculptées ont circulé et se sont transformées dans l’espace sinisé, de l’époque moderne jusqu’au XXe siècle. Si dans un premier temps, les portraits de la Vierge Marie et du bodhisattva Guanyin se forment distinctement, leur emballage symbolique finit par s’affranchir du moule de leurs traditions respectives pour mieux se confondre et surprendre le spectateur.

La première partie de l’exposition reviendra sur les itinéraires sinologiques de la représentation mariale à la fin du Moyen Âge et la façon dont les images ont été inventées pour en éveiller la dimension eschatologique. L’hybridité des images rappelle que l’art chrétien en Chine reste embryonnaire et continue de se chercher en tâtonnant avant que le point nodal de l’inculturation ne consiste dans la rencontre entre cette iconographie et le développement concomitant du culte bouddhique de Guanyin. Dans chacun des cas, la forme s’accorde avec le fond pour faire surgir une conception commune de la beauté où la physionomie des corps sculptés annonce la compassion incarnée au féminin.

La seconde partie verra comment le déploiement technique opéré par les artisans chinois entretient l’équivocité de lecture que l’on peut faire des images et relève d’une volonté systémique de brouiller les frontières, — autant en raison du négoce qui travaille le cœur des commerçants que pour répondre aux besoins des communautés catholiques d’Asie de l’Est et à l’entreprise jésuite d’une didactique de l’objet à partir du XVIe siècle. À ce titre, la porcelaine apparaît comme un exhausteur de raffinement et figure au nombre des choses les plus onéreuses. Précédée par la sculpture en ivoire et la gravure courues par les cours espagnole et portugaise, la céramique marque le style chinois des images de Marie et, parallèlement à cela, renouvelle la figuration de Guanyin au travers de l’influence chrétienne qui l’inspire.

La troisième partie concluera le propos sur les particularismes régionaux et le contexte d’interdiction du christianisme, comme cela se produit en Extrême-Orient à différents moments de l’Histoire. Les secrètes correspondances entre la Vierge Marie et Guanyin deviennent un moyen détourné de pratiquer sa foi dans l’ombre et sont de nature à ôter au délit — au moins en apparence — son caractère répréhensible. Cette crise des consciences entamée dès le XVIIIe siècle voit paradoxalement l’émergence d’une sagacité artistique qui atteste le génie de l’être humain. En Chine, le blanc de Chine redouble d’ingéniosité pour porter le message chrétien de la révélation par le truchement des jeux iconographiques du bouddhisme. Le Japon n’est pas en reste puisqu’il transpose d’autres motifs qui n’ont rien de spécieux, mais suggèrent un rapport à la Vierge des sculptures du bodhisattva.

Finalement, le cas de la Corée est symptomatique. Il transmet à notre regard une vision très européenne de la mission catholique et de ses productions, véhiculées par un XIXe siècle dans lequel les identités religieuses asiatiques doutent et s’amoindrissent sous la pression des externalités négatives. Ce n’est qu’au début du XXe siècle que la ligne de crête du métissage des genres est de nouveau intérogée et favorise la créativité. De quelle religion les portraits de Marie et Guanyin sont-ils encore le nom ? Finalement, de la pensée sinisée elle-même qui, si elle semble syncrétique par ses arts anciens et sa pratique contemporaine, demeure avant tout un système éclectique de croyances, traditionnellement ouvert sur les autres et où chaque singularité est respectée.

 


 

> ENTREE LIBRE

Exposition ouverte du 13 février au 25 avril 2026
du mardi au samedi, de 10h00 à 18h00

Visites guidée
– Le mercredi 11 mars et jeudi 16 avril 2026 à 18h30, visite guidée par la commissaire de l’exposition
– Le mercredi 25 mars et samedi 25 avril 2026 à 15h, visite guidée par un médiateur MEP
– Visites de groupe sur demande

S’inscrire

 

Offre de médiation
Livret de visite ludique pour le jeune public

 

> EVENEMENTS AUTOUR DE L’EXPOSITION

  • CONFERENCE / Réception de la symbolique mariale en contexte chinois
    le samedi 7 février 2026 à 15h
    par Christophe Decoudun, Maître de conférences à l’Institut Catholique de Paris au département d’arts et d’archéologie de la Faculté des Lettres, commissaire de l’exposition

S’inscrire

 

  • Pour aller plus loin, découvrez sur Ad Extra le dossier « Visages asiatiques de la Vierge Marie »
En Asie, la dévotion mariale s’est développée dès les premiers siècles du christianisme, donnant naissance à des représentations marquées par les cultures locales. De la Chine au Vietnam, en passant par le Japon ou la France, Ad Extra explore dans ce dossier des portraits asiatiques de Marie.

>> ICI <<

 


 

Dossier de presse de l’exposition ( A VENIR)

Affiche de l’exposition

 

 

 

affiche Portraits en miroir

Date
Du 13 février au 25 avril 2026
Horaires
du mardi au samedi, de 10h à 18h
Lieu
128 rue du Bac - 75007 Paris


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