LA RESISTANCE CHINE

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Une femme, la catéchiste Agnès Cao, a accompagné Auguste Chapdelaine dans le martyre. Elle est morte le 1er mars 1856, dans une cage suspendue auprès de celle du missionnaire. Une autre femme, la vierge Lucie Yi Zhenmein expirera aux côtés du troisième martyr de Chine des Missions Etrangères, Jean Pierre Néel. Toutes deux incarnent, avec leur compagne Agathe Lin, vierge catéchiste décapitée le 28 janvier 1858 à Maokou, le courage, la fidélité et l’esprit de résistance des chrétiennes chinoises durant la période troublée que traversent, en ces années de tension internationale, les lointaines provinces du Sud-Est.

En août 1860, en effet, des troupes franco-anglaises envahissent Pékin et incendient le Palais d’été. Le 24 octobre, la convention de Pékin accorde des avantages commerciaux aux Anglais, et aux Français un droit de protection sur les missions de Chine. Ces mesures humilient le gouvernement chinois et augmentent les sentiments anti-occidentaux de la population, mais n’ont que peu d’effet dissuasif dans les régions éloignées de la capitale où la guérilla menée par les rebelles Taiping entretient la violence et l’insécurité. Au Guizhou, le général Tian Diaren, qui a maté la révolte, règne en maître et se révèle très hostile envers les Chrétiens. Le 29 juillet 1861, il a fait exécuter deux étudiants du séminaire de Qinyang ainsi que deux employés, le fermier et la cuisinière, une veuve nommée Marthe Yang.

Le 18 février 1662, Tian Diaren donne l’ordre d’arrêter le missionnaire Jean-Pierre Néel, qui est arrivé dans le pays deux ans auparavant, muni d’un passeport accordé par le vice-roi du Ghuizou. Cette protection officielle ne lui servira à rien. Il est décapité le soir même avec deux catéchistes, Jean Chen et Martin Wu, et un néophyte, Zhang Tianshen. Lucie Yi sera exécutée le lendemain. Les têtes des cinq martyrs seront exposées reliées entre elles par une corde aux remparts de Kaizhou. Plus tard leurs restes seront transférés au séminaire de Luchongguan où a été érigé depuis le sanctuaire de Notre-Dame de Liesse, l’un des lieux de pèlerinage les plus populaires de la Chine du Sud.

L’exécution de Jean-Pierre Néel suscite de vives réactions de la part des occidentaux qui exigent des réparations. Tian Diaren est exilé et sa préfecture livrée aux catholiques pour en faire une église. Les Chinois supportent mal ces humiliations répétées. En 1870, l’église Notre-Dame des Victoires de Tianjin est attaquée par des émeutiers et brûlée ainsi que le couvent et plusieurs centres protestants. Les Pères Chevrier et Wu, dix religieuses et plusieurs ressortissants français et anglais sont massacrés. En dépit des représailles, de nouveaux troubles, moins meurtriers, éclatent dans d’autres provinces. A chaque fois, les indemnités exigées en dédommagement servent à construire des églises ou des écoles.