DE L’OCCUPATION A LA PARTITION COREE 1907-1953

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En 1907 le Japon établit son protectorat sur la Corée, avant de l’annexer en 1910. Le régime d’oppression instauré par les Japonais renforce les sentiments patriotiques des Coréens, mais aussi leur ferveur religieuse. L’Eglise catholique connaît un développement important, de même que les missions protestantes.

En dépit de l’ordination de nouveaux prêtres coréens dès 1896, le nombre des missionnaires occidentaux reste très élevé. Le caractère cosmopolite du clergé coréen sert bientôt de prétexte au gouverneur japonais pour harceler l’Eglise. Après le bombardement de Pearl Harbor et l’entrée officielle du Japon dans la guerre, les missionnaires américains, irlandais et Français sont internés et démis de leurs fonctions, ce qui permet l’avènement d’une hiérarchie coréenne, ou japonaise.

En 1945 la capitulation du Japon met fin à 40 ans d’occupation, mais coupe la Corée en deux parties rivales placées sous l’influence des Russes au Nord et des Américains au Sud. Le 15 août 1848, la coupure est institutionnalisée par la proclamation de la République de Corée à Séoul et de la République populaire démocratique à Pyongyang. En 1950, la Corée du Nord attaque la Corée du Sud et l’envahit presque entièrement en trois mois. Les troupes de l’ONU repoussent les Nord-Coréens jusqu’à la frontière de la Chine qui intervient alors dans le conflit : la guerre de Corée impliquera 5 millions de soldats de 16 pays différents et fera 2 millions de morts.

L’Eglise a payé un lourd tribut à cette guerre. Au Nord, elle a été pratiquement anéantie. Il reste quelques milliers de catholiques isolés, mais il n’y a plus ni évêque, ni prêtre, ni religieux ou religieuse. Pour l’ensemble du pays, l’attaque communiste de 1950 a fait cent cinquante victimes dans les rangs du personnel ecclésiastique, dont une majorité d’allemands et de coréens et quinze français parmi lesquels on compte douze prêtres des Missions Etrangères. Sept d’entre eux seront emprisonnés puis abattus à Teajon ou dans, les environs les 23 et 24 septembre, lors du reflux de l’armée rouge : Jean Colin, Philippe Perrin, Marius Cordesse, Pierre Leleu, Robert Richard, Joseph Molimard et Jean Polly. Six autres seront déportés vers le Nord avec d’autres religieux et diplomates français et américains dont le Délégué Apostolique, Mgr Byrne. Cinq d’entre eux mourront d’épuisement au cours de cette « marche à la mort » : Marie-Paul Villemot, Antoine et Julien Gombert, Joseph Cadars (tous âgés de plus de 70 ans) et Joseph Bulteau. L’unique rescapé, Célestin Coyos, sera libéré en 1952.

En 1953 l’armistice signé à Panmunjom fixe la frontière actuelle entre les deux pays. L’Eglise de Corée du Sud connaît depuis une croissance assez spectaculaire, consacrée par la canonisation à Séoul en 1984 des 103 martyrs de Corée.