LA GUERRE DES BOXERS

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Tout au long du XIX° siècle des sociétés secrètes, dont la plus célèbre est celle du Lotus Blanc, entretiennent en Chine une opposition souterraine au pouvoir mandchou et aux Occidentaux. Au cours des dernières décennies, l’emprise étrangère se renforce tandis que le pouvoir impérial continue à s’affaiblir. La défaite de la Chine contre le Japon en 1895, puis la mainmise de la Russie sur la Mandchourie en1898, provoquent cependant un sursaut politique. Un groupe de réformateurs encourage le jeune empereur Guangxu à entreprendre la modernisation du pays. Mais la « réforme des Cent Jours » est neutralisée par l’impératrice douairière Cixi dont l’entourage regroupe les éléments les plus conservateurs de la Cour. Ce climat de réaction profite à une nouvelle secte créée en 1898 au Shandong, les Boxers, qui draine les mécontentements et les frustrations accumulés par les Chinois contre les « barbares d’Occident ».

Violemment xénophobes, les Boxers se soulèvent en juin 1900 et sèment la terreur dans toutes les provinces du Nord. À Pékin, ils assiègent les légations étrangères et assassinent le ministre allemand Von Ketteler. Il faudra attendre deux mois avant qu’une armée formée par huit nations vienne rétablir l’ordre avec une violence égale à celle des rebelles.

Considérés comme des alliés des occidentaux et des traîtres à leur pays, les chrétiens comptent parmi les cibles privilégiées des révoltés. Plus de trente mille catholiques chinois seront massacrés au cours des troubles, certains à l’issue d’interrogatoires sommaires où ils refuseront d’apostasier. Soixante-dix d’entre eux figurent sur la liste des cent vingt martyrs de Chine canonisés le Ier octobre 2000. D’autres seront victimes de massacres collectifs. Les missionnaires paient aussi un lourd tribut à la persécution : deux frères maristes, neuf religieuses (sept franciscaines missionnaires de Marie et deux sœurs de la Providence de Portrieux), cinq évêques et trente et un prêtres dont quatre jésuites et huit franciscains qui seront canonisés.

Pour les Missions Etrangères chargées du vicariat apostolique de Mandchourie, les pertes sont également très importantes. Dix de leurs prêtres seront massacrés en moins d’un mois : Jean Souvignet à Hou-Lan, le 30 juin ; le vicaire apostolique, Monseigneur Laurent Guillon et son confrère Noël Emonet, abattus au milieu de leurs ouailles dans la cathédrale de Moukden, le 2 juillet ; Edouard Agnius, Jean -Marie Viaud et Jules Bayard à Ya-Tsé-Chang, le 11 ; Auguste Le Guevel et Louis Bourgeois, à Lien-Chan, le 15; Louis Leray, à Lu-Tsing-Kai, le 16, et Jean Georjon, à Pei-Lin-Tse le 19. Quatre ans plus tard, le 16 octobre 1904, le jeune Ernest Trécul , âgé de 25 ans et nouvellement arrivé à Ta-Tsin-Chan, sera assassiné par d’anciens Boxers reconvertis en brigands.