L’INTERRUPTION DE LA TREVE VIETNAM

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À partir de 1839, inquiet de la présence de plus en plus menaçante de navires occidentaux dans les mers de Chine, Minh-Mang envoie plusieurs missions diplomatiques à l’étranger, dont une à Paris. En dépit de l’intervention des Directeurs des Missions Etrangères qui espèrent qu’une rencontre officielle permettrait de soulager la situation des Chrétiens et des missionnaires du Vietnam, Louis-Philippe ne reçoit pas personnellement les ambassadeurs dont la visite se limite à une mission d’observation.

Minh-Mang meurt en 1840. Son successeur Thiêu-Tri, sans abolir la législation anti-chrétienne, ne l’applique plus avec autant de rigueur. Après la mort en prison du Père Gilles Delamotte en octobre 1840, les missions connaissent quelques années de répit. Au Tonkin Mgr Retord sort de la clandestinité, tandis qu’en Cochinchine Mgr Cuenot organise un synode en 1842, multiplie les ordinations de prêtres vietnamiens et envoie chez les montagnards les Pères Miche et Duclos. Ces derniers, arrêtés rejoignent dans la prison de Hué leurs confrères Galy, Charrier et Berneux qui ont été capturés au Tonkin mais n’ont pas été exécutés Le commandant Favin-Lévêque se présente en 1843 dans la baie de Tourane et obtient leur libération contre leur promesse de ne pas revenir dans le pays. En 1844 Mgr Lefebvre est arrêté avec Pierre Duclos, rentré clandestinement en Cochinchine. L’évêque sera relâché mais son missionnaire, qui n’a pas respecté son serment, mourra en prison le 17 juillet 1846.

En avril 1847 le bombardement malheureux par le Commandant Lapierre de cinq corvettes vietnamiennes dans le port de Tourane met fin à la trêve. Thiêu-Tri réactive la persécution et meurt peu après, le 4 novembre. Son fils cadet, Tu-Duc, âgé de 20 ans, monte sur le trône. Les vicaires apostoliques français, Mgr Retord en tête, demandent au Roi Louis-Philippe d’entamer avec lui des négociations afin d’obtenir la liberté religieuse. Mais la révolution de 1848 a renversé la royauté en France et le nouveau gouvernement se soucie peu des missions.

En 1850 le frère aîné de l’empereur, Huong-Nan, évincé du trône, fomente une révolte à laquelle sont mêlés plusieurs catholiques, dont des interprètes formés au collège français de Pénang. La réaction de Tu-Duc est impitoyable. L’édit de persécution de 1851 condamne à mort non seulement les missionnaires étrangers et les prêtres vietnamiens mais tous ceux qui leur auront donné asile, à l’exception des enfants qui sont envoyés aux travaux forcés. Tous les chrétiens exilés sont marqués au fer rouge.

Au Tonkin, Augustin Schoeffler est décapité le 1er mai 1851, peu après deux prêtres vietnamiens Jean Haon et Nguyen-Van-Dac. Jean-Louis Bonnard subit le même sort un an plus tard. En Cochinchine le plus brillant des prêtres vietnamiens, Philippe Minh, est décapité le 3 juillet 1853.