INDOCHINE 1940-1954 2EME GUERRE MONDIALE ET DECOLONISATION

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Après la première guerre mondiale le Japon, qui a obtenu la cession des possessions allemandes en Asie, continue sa politique expansionniste. Il envahit la Mandchourie en 1931 et déclare la guerre à la Chine en 1937. En 1940, il profite de la défaite française en Europe pour s’emparer de l’Indochine. Le 7 décembre 1941, l’attaque surprise de Pearl Harbor détruit la flotte américaine du Pacifique. Le lendemain, les U.S.A. déclarent la guerre au Japon, allié à l’Allemagne et à l’Italie. Le conflit devient mondial.

Le Japon occupe bientôt la Malaisie, la Birmanie, Singapour, les Indes néerlandaises et les Philippines. En 1942, il contrôle toute l’Asie de l’Est : la Corée et Formose, déjà annexées, les états satellites du Mandchoukouo, du Siam et de Birmanie, et toutes les anciennes colonies occidentales auxquelles il fait miroiter des espoirs d’indépendance tout en les exploitant abusivement. Mais à partir de 1943, la puissance japonaise est grignotée par la progression américaine dans les îles du Pacifique alors que les Anglais reprennent la Birmanie et que les Russes envahissent le Mandchoukouo. Les 6 et 9 août 1945 les bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki anéantissent les ambitions du Japon qui capitule le 7 septembre.

L’effondrement nippon provoque le réveil brutal des partis nationalistes dans les pays d’Asie. Alors que la guerre civile reprend en Chine jusqu’à la victoire finale de Mao Zedong, Ho-Chi-Minh proclame le 2 septembre 1945 la république démocratique du Vietnam. Les Français, après avoir reconnu le Vietnam comme état libre par l’accord du 6 mars 1946, font machine arrière et bombardent Haïphong le 23 novembre. Le 19 décembre 200 Européens sont massacrés par Viet-Minh à Hanoï. C’est le début de la guerre d’Indochine qui sévira jusqu’à la défaite française de Dien-Bien-Phu le 7 mai 1954.

En tant que Français et en tant que prêtres, les missionnaires sont des cibles privilégiées durant ces années troubles. Beaucoup d’entre eux, arrêtés d’abord par les Japonais, puis relâchés et pour certains mobilisés dans l’armée française, seront finalement tués dans des circonstances diverses, généralement par les combattants communistes : Pierre David, Henri Laubié, Théophile Francheteau, Ernest Tricoire, André Vacquier, René Fournier, Jules Chouffot et Pierre Clavreul en 1945 ; Adolphe Keller, Jean-Paul Chauvel, Louis Gabillard, Augustin Canilhac et Paul Boudillet en 1946 ; Augustin Laurent en 1947 ; Jean Idiart-Alhor en 1948 ; Joseph Grall en 1949. D’autres seront internés ou envoyés en camp de rééducation.

Au Laos, Mgr Gouin et son successeur, Mgr Thomine, ainsi que les Pères Jean Thibaud et Jean Fraix ont été torturés et exécutés par les Japonais en 1945. Au Siam plusieurs chrétiens autochtones ont subi le même sort. En Birmanie Jean Meyrieux, Robert Maréchal et Jules Perrin seront massacrés lors de la répression des troupes gouvernementales contre les rebelles carians en 1949