Eglises d'Asie

Dans les bidonvilles de Manille

Publié le 18/03/2010




“Ce sont des actes de violence impies et insensés” commis par des “gangstersC’est ainsi que le cardinal Sin, archevêque de Manille, a qualifié, le 2 octobre 1990, l’éviction forcée de 120 familles de squatters vivant dans des cabanes, à la périphérie de la ville.

Le terrain était réclamé par une agence de promotion immobilière.

Les 14 et 15 septembre, des équipes de démolition, envoyées par la municipalité, étaient venues détruire les cabanes à coups de barres de fer; ils avaient menacé ceux qui résistaient, volé les vêtements et les biens de nombreux autres. Une femme enceinte avait perdu son bébé lors des incidents qui avaient suivi.

Le cardinal Sin a ajouté qu’il y avait déjà eu plusieurs milliers d’évictions forcées ces dernières années à Manille. Il en a appelé au gouvernement de Mme Aquino pour trouver d’autres solutions au problème posé par les squatters. On estime qu’il y a environ 500 000 familles de squatters dans la ville ou ses environs immédiats.

Les organisations de défense des squatters estiment que ces expulsions n’ont aucun fondement juridique. Elles ont demandé au gouvernement de différer toute éviction forcée jusqu’à ce que des lois soient passées par le Congrès pour réglementer la promotion immobilière. Certains observateurs estiment cependant que les députés, qui ont déjà rendu ineffective la réforme agraire par leurs amendements, ne sont pas prêts à envisager une véritable réforme de l’utilisation des sols urbains.

Par ailleurs, le P. Joel Tabora, s.j., curé de la paroisse à laquelle appartiennent les 120 familles récemment expulsées, affirme que les fonctionnaires du gouvernement sont souvent “achetés” par les propriétaires pour effectuer ces évictions par tous les moyens.