Eglises d'Asie

Irian Jaya: le gouvernement recherche la coopération des Eglises

Publié le 18/03/2010




Le gouvernement de Jakarta cherche l’appui des Eglises pour faciliter le développement de la province d’Irian Jaya. La partie occidentale de cette province est en effet occupée par une population de 650 000 personnes environ appartenant à diverses tribus encore isolées du reste du monde. Les Eglises possèdent une certaine expérience de ces groupes humains généralement considérés comme peu accessibles. Un séminaire organisé à Jayapura a réuni, les 9 et 10 octobre 1990, des représentants du gouvernement et les délégués d’organisations non gouvernementales patronnées par les Eglises protestantes et catholique. Le but de la rencontre était tout d’abord de faire la liste des difficultés, ensuite de proposer les méthodes de travail susceptibles de les aplanir, et enfin d’établir les bases d’une collaboration efficace entre le gouvernement et les Eglises.

Celles-ci disposent de certains moyens de transport – canots à moteurs et avions – qui leur permettent de mener à bien un minimum de projets dans les circonstances les plus difficiles, ce qui n’est pas le cas des bureaux locaux des Affaires sociales dépendant du gouvernement. Par ailleurs, les fonctionnaires ne sont pas suffisamment disposés, dans l’accomplissement de leur tâche, à parler la langue des indigènes, à reconnaître la spécificité de leur culture, à en découvrir les valeurs cachées, à adopter leur style de vie. Un assistant social du diocèse de Jayapura, Tony Rahawarin, plongé depuis 15 ans dans le milieu tribal, fit remarquer à ce propos : “Si nous prétendons tout savoir, nos efforts pour aider ces gens seront voués à l’échec”.

L’évêque catholique du lieu, Mgr Hermann Munninghoff, o.f.m., est fier de ce que son Eglise a pu réaliser, non seulement au point de vue religieux, mais aussi dans les domaines de l’éducation, des transports et des soins de santé. Il se dit prêt à poursuivre ces efforts et à prendre part aux programmes gouvernementaux de développement qui, espère-t-il, assureront l’avenir de l’Irian Jaya, sans altérer pour autant l’identité de ses peuples. Il souligne à ce sujet que “le développement de la région non seulement enrichira l’héritage culturel national selon la devise du pays “Unité dans la diversité”, mais aussi permettra l’épanouissement de la population locale dans la dignité”.

Tel est aussi l’avis du dirigeant d’une mission évangélique, M. James F. Larkin, qui attire l’attention sur la notion de service désintéressé, laquelle, rappelle-t-il, exige de ceux qui se lancent dans pareille aventure d’y être appelés par une véritable vocation. Il ne faudrait pas, ajoute-t-il, que l’oeuvre à entreprendre aboutisse à dépouiller les communautés tribales de leur personnalité : elle ne doit viser à modifier que les comportements traditionnels qui font obstacle à l’amélioration de leur condition.

Quant à M. Mochammad Abubakar, un musulman, qui dirige l’agence provinciale du ministère des Affaires sociales, il relève l’esprit d’abnégation qui anime les missionnaires: “Il faut absolument que nous collaborions avec eux”, déclare-t-il à ses fonctionnaires, en les invitant à s’inspirer de leur exemple.