Eglises d'Asie

Après l’enlèvement d’un missionnaire français

Publié le 18/03/2010




Aux dernières nouvelles, le P. Yves Caroff, o.m.i., n’a toujours pas été libéré par ses ravisseurs. Il avait été enlevé par un groupe d’hommes armés, le 27 mars 1991, alors qu’il se rendait dans l’un de ses postes.

Dès le 30 mars, le missionnaire avait écrit une lettre à ses supérieurs, pour leur dire que sa libération était soumise au paiement d’une rançon de 10 millions de pesos (2 700 000 FF). Mais une sorte d’accord tacite existe entre les missionnaires étrangers et les autorités ecclésiastiques locales: un accord selon lequel l’Eglise refuse de payer aucune rançon.

Dès que la nouvelle de l’enlèvement a été connue, les militaires ont commencé des recherches, que Mgr Smith, archevêque de Cotabato, leur demanda d’interrompre, car les kidnappeurs menaçaient d’exécuter le père Caroff. Le prélat devait d’ailleurs intervenir auprès de Mme Aquino, dans les premiers jours d’avril, pour que des négociations soient enteprises. A la suite de quoi, M. Orbos, l’un des proches collaborateurs de la présidente, était envoyé dans la province de Magindanao, afin d’étudier sur place le problème du missionnaire français et d’autres personnes également kidnappées récemment.

Selon des sources proches du gouvernement, au moins 21 cas d’enlèvement auraient été signalées dans la région, depuis le début de l’année. Les victimes sont, pour la plupart, des commerçants chinois. Mais trois professeurs d’université auraient aussi été kidnappés. A chaque fois, une rançon est demandée.

D’après Mgr Smith et son prédécesseur Mgr Nepomuceno, il n’y aurait pas de motifs politiques derrière ces actions. Il s’agirait plutôt, semble-t-il, d’extorquer de l’argent pour l’envoyer vers les pays du Moyen-Orient qui ont souffert de la guerre récente afin de les

aider dans leur effort de reconstruction. Certains parlent de banditisme pur et simple. Il ne s’agirait donc pas des rebelles Moro qui, depuis plusieurs années, sont en lutte ouverte contre le gouvernement. Des rumeurs courent selon lesquelles les ravisseurs auraient joui de complicités jusque dans les rangs de l’armée: le commandant militaire de la région aurait, ces derniers jours, ordonné l’arrestation d’une vingtaine de ses subordonnés.