Eglises d'Asie

Ile de Samar : “Il n’y aura pas de paix sans lutte contre la pauvreté”

Publié le 18/03/2010




Au cours de la réunion de la commission pour l’unité nationale qui s’est déroulée à Tacloban les 27 et 28 février 1993, Calvin Rugho, diacre franciscain et délégué de l’île de Samar, a affirmé que si le gouvernement ne prend pas d’urgence des mesures appropriées pour lutter contre la pauvreté, la paix restera à l’état de rêve dans cette île ravagée par la guerre. Il a en outre accusé les structures gouvernementales d’être inadaptées aux conditions locales.

Samar est par sa superficie la troisième île de l’archipel philippin. Beaucoup la considèrent comme la plus pauvre, malgré l’importance de ses ressources minières et forestières. C’est aussi l’un des points chauds de la rébellion communiste.

En 1990, Mme Aquino avait lancé une campagne en faveur du développement de l’île. Elle s’était adressée entre autres à la Caritas du diocèse de Calbayog. Mais au bout d’un an, cette organisation catholique cessa de coopérer avec le gouvernement parce que, au dire de son responsable, M.Jim de Guzman, le projet ne s’accordait pas avec l’“option préférentielle de l’Eglise en faveur des pauvres”, manquait de réalisme et ne tenait pas compte des conditions de vie locales.

De son côté, le P. Emilio Pinili, responsable du service social des franciscains dans la province, accuse les représentants du gouvernement de ne pas utiliser les ressources naturelles de la région pour le bien de ses habitants. Selon lui, un développement irresponsable ne fait qu’ancrer les gens dans leurs habitudes de travail, surtout en ce qui concerne l’agriculture et la pêche. Or les ressources diminuent sans cesse. Le P.Pinili reproche aussi aux militaires d’accaparer à leur profit l’argent destiné aux projets de développement. De plus, les opérations de maintien de l’ordre ont causé de nombreux déplacements de populations et ont souvent empêché les initiatives privées en matière de développement. Les soldats se rendraient encore souvent coupables de violation des droits de l’homme.