Eglises d'Asie

Des évêques pressent les parlementaires catholiques d’oeuvrer davantage pour la démocratie

Publié le 18/03/2010




Au cours d’une retraite organisée du 9 au 11 juillet 1993 à Semarang pour les catholiques qui siègent dans les assemblées législatives des districts et des provinces, des évêques ont rappelé la position de l’Eglise au sujet des droits de l’homme et de la doctrine officielle du pancasila.

Mgr Hardjasoemarta, évêque de Purwokerto, a rappelé qu’un véritable système démocratique ne fonctionne que dans un Etat constitutionnel et sur la base d’une notion vraie de l’être humain. “La démocratie ne peut s’épanouir qu’à partir de valeurs comme la dignité de l’homme et ses droits. Sans elles, l’action politique sera menée au profit de ceux qui détiennent le pouvoir ; autoritarisme, despotisme et totalitarisme remplaceront la démocratie.” Le prélat ne partage pas les idées de ceux qui font des droits de l’homme un absolu, au point d’en refuser la moindre restriction ou limitation. Mais il n’est pas non plus d’accord avec ceux qui nient le caractère universel des droits de l’homme et subordonnent leur respect à la culture de chaque pays. Les droits de l’homme sont inhérents à sa vraie nature d’être créé par Dieu. Ce sont des dons de Dieu, que tous doivent reconnaître et respecter. “Dieu place si haut la dignité humaine et la considère comme si précieuse qu’il a envoyé son Fils unique pour libérer l’humanité des chaînes du péchéMais les droits de l’homme ont des limites ; Mgr Hardjasoemarta l’a également souligné : ils sont limités d’abord par la volonté de Dieu selon laquelle l’homme doit agir et se conduire, et aussi par les droits des autres, ce qui signifie que chacun doit restreindre ses droits pour le bien commun.

Un autre prédicateur de la retraite, Mgr Julius Darmaatmadja, archevêque de Semarang et président de la conférence épiscopale d’Indonésie, a rappelé aux parlementaires catholiques qu’ils ont vocation à sanctifier le monde par leur propre travail législatif et règlementaire en matière de science, de politique, d’économie, sur les problèmes de société, de culture, de défense et de sécurité. Ils sont appelés, a-t-il dit, à travailler pour tous les membres de la société, pas seulement pour les catholiques : “Notre catholicisme ne doit pas nous séparer, nous enfermer dans un ghetto, il nous encourage à nous unir avec les autres citoyens de l’Indonésie

Evoquant les cinq principes du pancasila (monothéisme, humanitarisme, nationalisme, démocratie et justice sociale) qui est la doctrine officielle de l’Etat d’Indonésie, Mgr Darmaatmadja a déclaré : “Ce sont des valeurs éminentes, que l’Eglise reconnaît et révère. Quand nous les mettons en pratique, nous mettons notre foi en pratique.”