Eglises d'Asie

Au cours du deuxième festival du travailleur étranger les participants se sont exprimé librement

Publié le 18/03/2010




Organisé par les bureaux d’aide aux travailleurs étrangers des diocèses de Séoul, Inchon et Suwon, le deuxième festival du travailleur étranger s’est déroulé le 14 avril 1996 à l’intérieur de la cathédrale de Séoul. Il a rassemblé quelque 2 000 travailleurs originaires de pays aussi différents que le Bangladesh, la Birmanie, le Népal, le Pakistan, le Pérou, les Philippines, le Sri Lanka et le Vietnam. Durant la première partie de la journée, les travailleurs étrangers ont été invités à participer à des concours de discours et de chants en langue coréenne. Durant la messe qui était célébrée ensuite par le cardinal Kim Sou-hwan, les lectures de la liturgie de la parole ont été proclamées en tagalog, vietnamien et anglais. Dans l’après-midi, lors d’une séance artistique, les travailleurs étrangers ont fait connaître aux participants les diverses formes d’expression artistique de leur pays, aussi bien dans le domaine de la chorégraphie, que dans ceux du chant et du théâtre.

Les participants auront surtout retenu un certain nombre de remarques et confidences particulièrement sincères que les travailleurs étrangers n’ont pas hésité à leur confier au cours de cette journée. Le concours de discours a été pour eux une bonne occasion de s’exprimer sans fard. Ainsi on y a entendu un participant rendre compte dans un coréen approximatif de sa première expérience du pays: “… les mots les plus souvent entendus par nous sont ‘Vite!’, ‘Plus vite!’ ou encore ‘fils de garce !’…. Lorsque nous sommes arrivés ici la première fois, nous avons trouvé la température extrêmement froide, mais l’attitude adoptée à notre égard était encore plus froide“. Un autre s’est ainsi exprimé: “Au début l’odeur du ‘kimchi’ me donnait envie de vomir; maintenant elle est à mon goût … Mais il est difficile aux Coréens d’apprécier nos odeurs …”

Ce climat de franchise avait été désiré par les organisateurs qui ont déclaré avoir voulu créer durant ce festival “un lieu de communion, de compréhension et de respect mutuels” “au-delà de toutes les barrières de nationalité, de religion, de sexe ou de couleur” “comme la communauté de Jérusalem après la résurrection du SeigneurIls espéraient aussi que le festival constituerait un moyen indirect de pression sur le gouvernement à la veille du 1er mai, fête du travail, et pourrait contribuer à améliorer la situation des travailleurs étrangers en Corée. Certains d’entre eux n’ont pu participer au Festival parce qu’ils travaillent le dimanche. Par ailleurs, la moitié des 120 000 travailleurs étrangers actuellement en Corée ne jouissent d’aucun statut légal.