Eglises d'Asie

Maharashtra : agression contre un camp abritant des victimes du tremblement de terre de septembre 1993

Publié le 18/03/2010




Le 14 février dernier, une soixantaine d’individus armés ont attaqué un camp d’accueil pour les victimes du tremblement de terre du 30 septembre 1993, qui détruisit de nombreux villages et quelques villes des districts de Latur et Osmanabad, dans la partie sud-est de l’Etat du Maharashtra, au centre de l’Inde. Ce camp avait été établi dans un village du district de Latur en 1993 par l’Association hospitalière catholique de l’Inde (8).

Selon les déclarations du P. Jeevendra Jadhav, coordinateur du camp, les agresseurs ont pénétré dans le camp en voitures vers 21 heures. Après avoir coupé le téléphone et l’électricité, ils s’en sont pris au personnel qu’ils ont frappé, et aux bâtiments qu’ils ont endommagés. Les membres du personnel du camp se sont inclinés sans résister devant la troupe impressionnante de leurs assaillants. Avant de pénétrer dans le camp, ceux-ci avaient essayé d’entraîner avec eux la population du village. Cette dernière a refusé et a averti la police. Un prêtre a été blessé ainsi que quelques religieuses et travailleurs sociaux.

Beaucoup d’obsevateurs catholiques ont attribué cette attaque à un groupe hindou extrémiste, le RSS (Corps national des volontaires), organisation paramilitaire d’extrême droite, dont est issu le BJP (Bharatiya Janata Party). Le bulletin d’information de la congrégation du Verbe divin en Inde, commentant ces incidents, a conclu que le motif apparent de cette attaque est une fausse conception de l’action caritative chrétienne par les intégristes hindous qui pensent qu’elle vise essentiellement à la conversion des assistés. Les accusations de prosélytisme ont d’ailleurs été formulées très tôt contre les chrétiens après les tremblements de terre du Maharashtra. Un peu plus d’un mois plus tard, le 13 novembre 1993, on les trouvait déjà dans un article paru dans un quotidien de Madras, l'”Indian Express“. Ce journal accusait alors les associations caritatives catholiques de faire pression sur les victimes du tremblement de terre pour qu’ils se fassent chrétiens (9).

Le siège du RSS à New Delhi a déclaré tout ignorer de cette attaque du camp et a rejeté les accusations lancées contre l’organisation. Selon son porte-parole, le RSS est un groupe hindou essayant de servir la société à sa manière. Il a ajouté que ce type d’incidents ne faisait que créer discorde et division entre les diverses communautés religieuses.

Le personnel du camp a porté plainte auprès de l’administration du district qui aurait déjà en vue un certain nombre de suspects. Par ailleurs, les autorités fédérales auraient demandé au gouvernement de l’Etat du Maharashtra d’intervenir dans cette affaire.