Eglises d'Asie

Une association de journalistes catholiques veut lutter contre les persécutions des minorités, qu’elles soient religieuses ou ethniques

Publié le 18/03/2010




Les journalistes catholiques d’Asie du sud entendent établir un dispositif d’information qui rendrait compte systématiquement de toute atrocité ou injustice commises à l’égard des minorités ethniques ou religieuses. Ils demandent instamment à leurs collègues de leur communiquer toutes les informations en leur possession. Telles ont été les résolutions prises à l’issue d’une rencontre organisée à Katmandou, au Népal, les 4 et 5 juillet, par l’Association de presse catholique de l’Asie du sud (SACPA) sur le thème: “Minorités chrétiennes et religions fondamentalistes: défis et stratégies pour les journalistes.” Le communiqué a aussi souligné “l’angoisse montante et la peur communes à toutes les religions et aux minorités ethniques de chacun de nos paysainsi que “le manque de couverture médiatique sur le sujet”.

Le président de la SACPA, le P. Joe Anthony, a exposé aux 23 participants venus du Bangladesh, de l’Inde, du Népal et du Sri Lanka, la nécessité d’établir un dispositif destiné a collecter et partager les informations concernant les problèmes posés par les religions fondamentalistes. Il (ce réseau) fera en sorte que les pays de l’Asie du sud collectent les violations des droits de l’homme par les groupes fondamentalistes et les partis politiques fortement opposés aux Eglises“, a-t-il précisé. Citant l’exemple de Salamat Masih du Pakistan qui fut condamné à mort pour blasphème en 1994, puis acquitté par la Cour suprême de Lahore, il a fait observer que c’est seulement sous la pression des pays étrangers que le jeune Salamat âgé de 14 ans a été autorisé à trouver asile hors de son pays. Si les droits d’une minorité ou les droits e l’homme sont foulés au pied, a-t-il conclu, des voix s’élèveront et une authentique information sera relayée immédiatement par les médias

Les participants ont ensuite décidé que, dans chaque pays, deux journalistes seraient choisis et rémunérés pour travailler à temps partiel dans le cadre de ce dispositif. Chacun des pays concerné soumettrait deux noms d’ici le 10 septembre.

Dans leur déclaration finale, les membres de la SACPA expriment leur inquiétude devant la montée des religions fondamentalistes et la nouvelle menace nucléaire réactivée par la reprise des tests en Inde et au Pakistan au mois de mai et demandent un moratoire nucléaire. Ils parlent des conséquences catastrophiques que pourrait provoquer la folie de quelques dirigeants et de la crainte éprouvée par les peuples de la régionIls soulignent avec inquiétude la montée grandissante de la violence contre les chrétiens et les musulmans.

Pendant cette rencontre, la mémoire de l’évêque de Faisalabad, Mgr John Joseph, qui a donné sa vieen signe de protestation contre la loi pakistanaise sur le blasphème, fut évoquée par une minute de silence. Cependant, les journalistes présents ont constaté avec tristesse l’absence de leurs collègues du Pakistan. Mgr Joseph avait été le premier représentant de son pays au sein de la SACPA.