Eglises d'Asie

Timor occidental : l’évêque d’Atambua demande que toute l’île de Timor soit placée sous le patronage des Nations Unies

Publié le 18/03/2010




Dans un appel lancé le 15 septembre dernier, Mgr Antonius Pain Ratu, évêque de Atambua, diocèse du Timor occidental, est intervenu sur un certain nombre de questions relatives au drame vécu actuellement par la population de la partie orientale de l’île. Il a en particulier demandé que le mandat des Nations Unies soit étendu à l’ensemble de l’île du Timor pour empêcher que les massacres de victimes innocentes ne se renouvellent : “Il est essentiel, a-t-il précisé, que la communauté internationale supervise l’île toute entière et pas seulement le Timor Oriental

L’évêque, qui s’adressait autant à son propre gouvernement qu’aux instances internationales, a souhaité la présence du Haut Commissariat aux réfugiés et de la Croix-Rouge internationale sur le territoire du Timor occidental, présence susceptible de garantir les besoins humanitaires des réfugiés venant du Timor Oriental, leur sécurité ainsi que leur droit à revenir dans leur patrie d’origine s’ils le souhaitent. Comme l’arrivée des forces de maintien de la paix oblige les milices et l’armée indonésienne à faire mouvement vers l’ouest de l’île, il est à craindre que ces unités, démoralisées, indisciplinées et humiliées ne continuent à semer la terreur sur les lieux où elles vont désormais stationner.

Selon l’évêque, dans les conditions actuelles, les réfugiés ont peu de chances d’être autorisés à revenir sur leur sol natal dans de brefs délais. Leur évacuation depuis Dili jusqu’à la frontière du Timor occidental a été réalisée, en effet, dans un objectif politique. Il se pourrait que les autorités indonésiennes fassent passer ces 200 000 réfugiés pour de prétendus partisans de l’intégration du Timor Oriental à l’Indonésie et prennent prétexte de leur présence à cet endroit pour n’accorder l’indépendance que sur la moitié du territoire du Timor oriental, la partie est.

Par ailleurs, un certain nombre d’informations concernant Kupang, chef-lieu du Timor occidental, située à l’extrémité occidentale de la province, ont été fournies par un militant catholique originaire de cette ville, qui a voulu conserver l’anonymat. Selon ses dires, les enlèvements de réfugiés suspectés d’être des partisans de l’indépendance sont devenus courants dans cette ville où désormais règne une certaine insécurité. Les militaires et les membres des milices en provenance de Timor oriental y rodent autour des églises mais aussi des lieux publics comme les hôpitaux, les bureaux de postes, les stations d’autobus, à la recherche de militants pro-indépendantistes.

L’évêque d’Atambua s’est également adressé aux organismes d’aide internationaux pour leur demander de venir au secours les réfugiés dans un certain nombre de domaines. Selon lui, les personnes déplacées ont aujourd’hui besoin de tentes, de réservoirs d’eau, de véhicules de transports, de nourriture et de vêtements. Il est urgent aussi que leur soit fournie une aide leur permettant d’incinérer leurs défunts qui sont nombreux chaque jour.