Eglises d'Asie

Le ministre de la Population voudrait faire baisser le taux de natalité ainsi que le nombre annuel d’avortements

Publié le 18/03/2010




Un entrefilet, en page intérieure du journal vietnamien de la jeunesse Thanh Niên (20), a fait récemment état d’un nombre impressionnant d’interruptions de grossesse recensées au Vietnam. Le chiffre cité est extrait d’un rapport présenté au cours d’un congrès sur la population qui s’est tenu à Dalat, sous l’égide du Comité national pour la démographie et le planning familial (CNDPF). Intitulé “Stratégie démographique jusqu’en l’an 2010 et orientations jusqu’en l’an 2020le rapport mentionnait que plus d’un million d’avortements officiels étaient pratiqués dans les institutions hospitalières publiques du pays. Ce chiffre, qui ne tient pas compte des cas d’avortements non enregistrés officiellement, correspondrait, comme le journal lui-même le fait remarquer, dès le titre de l’article, à l’un des taux d’avortements les plus élevés du monde. Cette même affirmation avait été prononcée en 1997 (21), année où les statistiques officiellement produites par le ministère de la Santé faisaient état d’un nombre d’avortements encore plus élevé qu’en 1999, puisqu’il était de 1,5 million (22). Le rapport de 1999 ajoute que 20 % de ces interruptions de grossesses sont pratiquées chez des adolescentes (environ 200 000 cas), alors que celles-ci ne représentent que 5,7 % de l’ensemble des femmes qui accouchent chaque année.

Ce nombre considérable d’interruptions de grossesse doit, pour être apprécié, être replacé dans le contexte des efforts entrepris par le gouvernement pour réduire la croissance démographique, et de l’arsenal des moyens mis en ouvre par lui pour parvenir à cet objectif. Le taux moyen de natalité au Vietnam était, l’an dernier, de 32 pour mille. Selon les déclarations du ministre de la Population et du planning familial (23), Mme Trân Thi Trung Chiên, il aurait été ramené cette année à 27 pour mille. Le taux de natalité est loin d’être uniforme selon les régions. Le rapport fait remarquer qu’il est d’autant plus élevé que la population est pauvre. Ce sont les 1 115 communes les plus pauvres du pays qui connaissent le nombre de naissances le plus élevé du pays.

La politique de contrôle des naissances du gouvernement, d’autant plus efficace qu’elle est accompagnée de sanctions touchant les ressources familiales, est relayée localement par un grand nombre de travailleurs sociaux et volontaires qui propagent dans les villages les connaissances en matière de contraception et donnent des consultations aux familles. Selon les services du ministère de la Population, l’emploi des méthodes contraceptives serait en augmentation constante dans les familles vietnamiennes. Plus de 72 % d’entre elles utiliseraient l’une ou l’autre d’entre elles aujourd’hui. Des efforts devraient être réalisés cette année par les services du ministère de la Population pour abaisser de 6 pour mille le taux de natalité. Pour cela, le CNDPF s’efforcera de diffuser et de favoriser l’usage des moyens contraceptifs tout en faisant baisser de 10 % le nombre des d’avortements.

Les résultats de la politique gouvernementale en matière de naissances ne sont encore que peu voyants. Selon les statistiques gouvernementales, durant les dix dernières années, la population se serait accrue en moyenne annuelle de 1,76 %, estimation de croissance beaucoup trop optimiste pour la plupart des démographes qui la situent largement au-delà de 2 %.

Le chiffre de la population vietnamienne, estimé aux alentours de 80 millions au début de l’année 1999, a été révisé en baisse à la suite de la publication des premiers résultats du recensement réalisé du 1er au 9 avril 1999 sur tout le territoire du Vietnam. La population était alors estimée à 76 254 753 habitants (24). Selon le ministre de la Population, ce chiffre avait atteint les 77 millions dès le mois de décembre 1999 et ne devrait franchir la barre des 100 millions qu’aux alentours de l’année 2024.