Eglises d'Asie

Les sciences du vivant étant appelées à être un des piliers du développement économique de la cité-Etat, l’Eglise catholique se dote d’une commission chargée des questions de bioéthique

Publié le 18/03/2010




Les dirigeants de Singapour investissent beaucoup d’argent et d’espoir dans les sciences du vivant, certains analystes estimant que les autorités de la cité-Etat comptent faire de ce secteur l’un des quatre piliers de l’industrie manufacturière du pays. Pour répondre à cette évolution, l’Eglise catholique à Singapour s’est dotée d’une commission chargée des questions de bioéthique. Initiée l’an dernier alors que Mgr Gregory Yong était encore archevêque du diocèse de Singapour, cette commission s’est réunie pour la première fois en février dernier. Selon l’un de ses deux président, le docteur John Lee, l’objectif de cette commission est de “fournir des suggestions complètes et constructives au gouvernement en se fondant sur l’enseignement de l’Eglise catholique”. “Les sciences du vivant sont aujourd’hui un sujet d’actualité [à Singapour] et certaines expérimentations peuvent soulever des questions éthiques majeures”, a-t-il souligné.

Composée de onze membres, cette commission est co-présidée par le docteur John Lee, qui est aussi le président de la Fédération asiatique des Associations médicales catholiques, et par le P. James Yeo, prêtre du diocèse de Singapour. Outre les suggestions éventuellement apportées aux autorités du pays, cette commission a pour objet d’informer le clergé et les laïcs de Singapour des questions liées à la bioéthique et des positions de l’Eglise catholique sur ces sujets. Des conférences dans des paroisses et lors des récollections des prêtres ont déjà eu lieu ou sont prévues.

Au début du mois de février dernier, les autorités de Singapour ont mis sur pied leur propre Comité consultatif de bioéthique. Selon le docteur John Lee, la commission catholique présentera la position de l’Eglise catholique lorsque ce comité gouvernemental sollicitera les positions respectives des différents groupes religieux de Singapour sur ces questions. A titre d’exemple, il a cité les problèmes soulevés par l’utilisation de cellules souches prélevées sur des embryons humains : “Ce genre d’expérimentation n’est pas licite d’un point de vue moral, quelle que soit la noblesse de l’objectif recherché. Nous voulons être capables de présenter des suggestions constructives, telles que – dans ce cas précis – l’utilisation de cellules souches issues d’organismes de personnes adultes ou bien de cellules prélevées sur le cordon ombilical.”

Parmi les membres de cette commission, outre ses deux co-directeurs, se trouvent le prêtre jésuite Colin Tan, conseiller spirituel de l’Association médicale catholique, les religieuses Anne Goh et Agnès Tan, responsables de l’hôpital de Mt. Alvernia, l’unique hôpital catholique de Singapour, ainsi que des scientifiques et des juristes.