Eglises d'Asie

Des catholiques sud-coréens travaillent en Chine populaire auprès des malades atteints de la lèpre

Publié le 18/03/2010




Un prêtre sud-coréen qui consacre sa vie aux malades atteints de la lèpre dans la région montagneuse du nord-ouest de la Chine a suscité des vocations parmi ses compatriotes. Anastasia Kim Young-sun, 28 ans, une catholique du diocèse de Wonju, en Corée du Sud, a confié à des amies que c’était l’exemple désintéressé du prêtre franciscain Stephen Shin Dong-min qui lui avait fait découvrir quoi faire de sa vie. Elle travaille désormais comme volontaire avec le P. Shin et cinq autres catholiques coréens au Centre de guérison sino-coréen de Pushang dans la province chinoise du Shaanxi où sont soignés les malades atteints de la maladie d’Hansen. “C’est cette vie donnée que je cherchais”, témoigne-t-elle. Parmi les autres volontaires se trouvent Sœur Lee Ok-ryon, 64 ans dont 30 passés dans une léproserie en Corée du Sud, Sœur Kim Jung-ho, 55 ans, infirmière en chef d’un hôpital en Corée du Sud, et un Frère franciscain. Anastasia Kim était employée de bureau quand elle découvrit ce qu’était le travail auprès des lépreux grâce aux messages sur Internet du P. Shin. Le travail de ce prêtre, dit-elle, “a été l’évènement déterminant d’une vie [désormais consacrée] au service des autres”.

Le P. Shin, de l’Ordre des frères mineurs, assure que son travail au milieu des réprouvés “serait impossible” sans la foi. C’est ce qu’il répondait à des journalistes qui l’interrogeaient par téléphone, l’avant veille de la Journée mondiale de la lèpre, le 29 janvier. Qualifiant de “pitoyables” les conditions de vie des lépreux, il confiait : “Je ne sais pas comment les aider, mais je fais pour le mieux». Il s’est vu obligé de demander l’aide financière des catholiques étrangers parce que, tout son temps étant consacré à soigner ses malades, a-t-il dit, “je n’ai pas le temps de partir ramasser des fonds Sa famille, en Corée du Sud, l’aide beaucoup en lui faisant parvenir médicaments et matériel médical, avec des envois allant jusqu’à 150 kg.

Le P. Shin passe son temps à circuler dans les régions isolées des montagnes du Qinling, entre 1 000 et 3 000 mètres d’altitude, à la recherche des lépreux abandonnés par leurs proches que ce soit par ignorance de ce qu’est véritablement cette maladie ou que ce soit par discrimination. Né dans une famille financièrement à l’aise de l’île de Yongheung, proche de la Chine, le P. Shin raconte que, lorsqu’il était enfant, il écoutait souvent la radio chinoise. Sa passion pour la Chine grandit à la lecture du livre célèbre «Les clés du Royaume” qui décrit les Chinois comme un peuple travailleur, honnête et simple. Il en fut très impressionné. Pendant sa scolarité, il eut l’occasion de visiter un hôpital où étaient soignés des lépreux. Il comprit alors leurs souffrances et décida de faire quelque chose pour eux. Il commença son travail dans l’est de la Chine en 1996. Il était alors le seul étranger bénévole à bénéficier d’une autorisation officielle donnée par le gouvernement chinois pour soigner les gens atteints de la lèpre dans cette partie du pays. L’année suivante, il retourna en Chine se perfectionner en langue chinoise en qualité de représentant à Pékin de l’Association coréenne de Pusan de lutte contre la lèpre. En 1998, avec l’aide de l’Association chinoise contre la lèpre, il partit travailler à la léproserie de Shanglou, dans le Shaanxi. Plus tard, l’hôpital se transforma en Centre de guérison sino-coréen de Pushang. Inauguré en mai 2000, il abrite 96 patients soignés par du personnel chinois et coréen. Le P. Shin a également organisé un centre d’accueil pour une douzaine d’enfants où ces derniers peuvent apprendre et étudier. Très souvent loué par les médias locaux, le P. Shin affirme que son identité de prêtre n’affecte en rien son travail et que les responsables du Bureau des affaires sanitaires et religieuses savent très bien qui il est.

Quoique la lèpre soit tout à fait guérissable, on évalue à 11 millions le nombre des lépreux dans le monde. En Chine, ils seraient entre 200 000 et 320 000 à vivre dans quelque 800 villages laissés à l’abandon. Parmi eux, 7 000 vivent dans des villages pris en charge par l’Eglise catholique. Avec le P. Shin, d’autres missionnaires catholiques, venus de Hongkong, de Macao et de Taiwan, se sont mis eux aussi au service des lépreux, mais dans d’autres régions de Chine.