Eglises d'Asie

PAPOUASIE OCCIDENTALE : LES RESPONSABLES RELIGIEUX DE LA PROVINCE ECRIVENT A LA PRESIDENTE POUR DIRE LEUR INSATISFACTION DE VOIR DES REPRESENTANTS DE L’ARMEE ET DE LA POLICE SIEGER AU SEIN DE LA COMMISSION CHARGEE DE FAIRE LA LUMIERE SUR LA MORT DU LEADER

Publié le 18/03/2010




Concernant la décision prise par le gouvernement central d’inclure la police et l’armée indonésienne dans la Commission nationale d’enquête créée pour enquêter au sujet du cas de Theys Hiyo Eluay, ainsi qu’il a été annoncé publiquement par le ministre des Affaires politiques et de la Sécurité, Bambang Yudhoyono, nous désirons exprimer notre opinion au Président :

1. Nous faisons part de notre profonde insatisfaction au sujet de la décision du gouvernement central d’inclure la police et l’armée indonésienne dans la commission nationale d’enquête. Cette décision montre que le gouvernement central n’est pas prêt à écouter réellement la complainte de ses citoyens, en particulier de ceux qui vivent en Papouasie, qui attendent que vérité soit faite sur le cas de Theys Hiyo Eluay, dans la justice, la transparence, l’indépendance, sans que soit inclus dans ce processus des éléments des forces de police et de l’armée.

2. Nous insistons sur le fait que nous maintenons notre opinion telle qu’exprimée dans le communiqué de presse publié par nos soins le 22 janvier 2002 et par lequel nous déclarions que la Commission nationale d’enquête, établie sur la base d’un décret présidentiel, doit avoir une base légale forte, donnée par le Président en tant que chef du gouvernement et que les membres de cette équipe doivent être choisis de façon à être indépendants, professionnels et crédibles aux yeux du peuple. Cette position ne représente pas seulement la volonté des responsables religieux et de la société au sens large en Papouasie mais aussi celle du gouverneur de la province de Papouasie, celle du chef de la police en Papouasie, celle du conseil législatif provincial, celle des universitaires locaux, celle des travailleurs humanitaires et celle de toutes les parties qui espèrent que la justice a cours en Indonésie, en particulier sur la terre de Papouasie.

3. Nous, au jour d’aujourd’hui, ne sommes pas capables de comprendre pourquoi la mise sur pied de la commission nationale d’enquête n’est pas faite de manière transparente aux yeux de la société de Papouasie, ni pourquoi il n’est pas demandé ouvertement et honnêtement l’opinion des gens de la société de Papouasie. Nous partageons très fortement le sentiment que le gouvernement central établit cette commission d’enquête d’en haut, sans chercher à consulter la société de Papouasie comme cela devrait se pratiquer dans tout mécanisme démocratique bien compris.

4. En dernier lieu, nous espérons que la présidente Megawati se montrera capable à ouvrir son cœur et son intelligence afin de comprendre la volonté de la société de Papouasie, plus généralement celle de la société indonésienne et qu’ainsi la commission nationale d’enquête œuvre dans la vérité, contrairement à ce qui a pu se passer par le passé.

Ceci représente l’expression de nos opinions et de nos suggestions. Nous espérons que la présidente Megawati se montrera prête à entendre la voix de notre peuple, un peuple qui a soif de justice et de paix.

Au nom des responsables religieux en Papouasie,

Mgr Leo Laba Ladjar, OFM

Evêque catholique de Jayapura