Eglises d'Asie

Des chrétiens ont été blessés au cours de la grève décrétée par le Conseil hindou mondial en protestation contre l’incendie du train de pèlerinsPRIVATE

Publié le 18/03/2010




Les représailles hindouistes contre les musulmans dans les jours qui ont immédiatement suivi l’incendie du train de pèlerins hindous, le 26 février dernier (1), n’ont pas épargné les chrétiens. Dès le 5 mars, la Conférence épiscopale a dénoncé l’attaque perpétrée par des militants du Vishwa Hindu Parishad (Conseil hindou mondial, VHP) contre deux prêtres religieux de la congrégation du Verbe divin, les PP. Nicholas Martiz et George Bhuriya. L’incident a eu lieu alors que, le 1er mars, les deux prêtres se rendaient, avec une escorte de police, à leur école de Khurda, près de la ville d’Indore, dans l’Etat du Madhya Pradesh, immédiatement après l’intrusion dans l’école d’un groupe de militants hindouistes.

Une grève nationale avait été décrétée par le VHP pour le 1er mars en protestation contre l’incendie criminel du train qui avait provoqué la mort de 57 voyageurs hindous. La grève ne devant pas s’étendre aux établissements éducatifs, l’école Mahatma Gandhi Mémorial située à Khurda et dirigée par les religieux du Verbe divin était restée ouverte. Dans la matinée, un certain nombre de militants du VHP venus en motos et en scooters de Manpur, une agglomération proche de l’école, ont demandé que l’on ferme l’établissement scolaire. Cependant, ils ont été maîtrisés par la population locale et emmenés au poste de police de Manpur. Relâchés quelque temps après, ils ne tardèrent pas à rassembler autour d’eux toute une foule. Celle-ci rencontra sur sa route le véhicule transportant les deux religieux se rendant à l’école pour constater ce qui s’était passé, accompagnés de deux laïcs ainsi que d’un policier leur servant d’escorte. Les manifestants déchaînés firent stopper la voiture, frappèrent et blessèrent ses occupants, prêtres et laïcs, sans que le policier ne se départît de son rôle de témoin muet et sans réaction.

L’incident a eu lieu alors que les évêques de l’Inde tenaient leur assemblée bisannuelle à Jalandhar. Informés des faits, ceux-ci ont été nombreux à réagir avec une grande vigueur. Le secrétaire général de la Conférence, Mgr Oswald Gracias, s’est déclaré peiné du traitement infligé à des prêtres innocents. L’évêque d’Indore a attribué l’agression aux sentiments de jalousie ressentie par certains pour cette école exclusivement réservée aux enfants des minorités ethniques et pour l’éducation de haut niveau qu’elle leur permet d’acquérir. Un autre évêque a souligné l’esprit partisan de la police qui a aussitôt relâché les agresseurs de l’école de façon à ce qu’ils puissent soulever une manifestation contre les prêtres.