Eglises d'Asie

Dans le contexte de la lutte contre le terrorisme, des responsables politiques et religieux s’accordent à dire qu’il est nécessaire de renforcer les liens entre les religions

Publié le 18/03/2010




Les 6 et 7 décembre dernier à Yogyakarta, en Indonésie, 125 responsables religieux asiatiques issus de dix grandes religions se sont réunis pour deux journées d’échanges et de dialogue. Conjointement invités par les gouvernements indonésien et australien ainsi que par la Muhammadiyah, la seconde plus importante organisation musulmane de masse d’Indonésie, les délégués ont publié un communiqué commun pour condamner le recours à la violence au nom de la religion et dire la nécessité qu’il y avait dans le monde d’aujourd’hui de renforcer les liens entre les religions. Premier du genre, le forum était intitulé : “Dialogue international sur la coopération interreligieuse”. Selon le ministre des Affaires étrangères indonésien, Hassan Wirayudha, l’initiative de cette rencontre des religions en Asie remonte au sommet de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) de l’an dernier, organisé à Bangkok.

Devant des responsables religieux venus d’Australie, de Birmanie, de Brunei, du Cambodge, d’Indonésie, du Laos, de Nouvelle-Zélande, des Philippines, de Singapour, de Thaïlande, du Timor-Oriental et du Vietnam, le ministre australien des Affaires étrangères, Alexander Downer, a déclaré que “le véritable défi [était] de bâtir une compréhension mutuelle entre des responsables (religieux) modérés. La majeure partie des adeptes des grandes religions dans la région et dans le monde sont des personnes modérées. Je pense par conséquent qu’il est extrêmement important de réunir les responsables (religieux) modérés, comme il est tout aussi important pour eux de promouvoir leurs messages.”

Pour Ahmad Syaffi Maarif, président de la Muhammadiyah, “le dialogue est la condition pour permettre aux (responsables religieux) modérés de s’exprimer et contrer ainsi l’extrémisme”. Précisant que les groupes extrémistes continueront à prospérer tant que les causes de “l’injustice” persisteront, il a ajouté que les extrémistes avaient une vision “idéaliste” de la réalité et que leur “idéalisme” était assimilable à de la “folie”.

Intervenant en ouverture des deux journées de débats, le président de la République indonésienne, Susilo Bambang Yudhoyono, a expliqué que “le développement ne doit pas être considéré comme un processus purement économique. Ses aspects socioculturels et spirituels sont très importants. La tâche des dirigeants ne peut donc se résumer à seulement tirer les gens de la pauvreté. Nous devons aussi les garder de l’étroitesse d’esprit, de l’intolérance et des préjugés ainsi que de la pauvreté spirituelle et intellectuelle. Construire la tolérance fait bien partie du développement”.

En réponse, les responsables religieux ont déclaré que le forum de Yogyakarta était “le commencement d’une communication plus directe et fréquente entre responsables religieux de la région, afin de résoudre les problèmes et bâtir un avenir plus harmonieux et paisible” en Asie. Concrètement, ils se sont engagés à promouvoir une culture de la paix et du respect de l’autre, fondée sur la justice et l’éducation.