Eglises d'Asie

Rencontrer des séminaristes ou des religieuses, connaître leur cadre de vie et leur idéal peuvent aider les jeunes catholiques à découvrir qu’eux aussi sont peut-être appelés

Publié le 18/03/2010




En avril dernier, dans le cadre d’un “mois des vocations organisé par le diocèse de Bandung, situé dans la province de Java-Ouest, le grand séminaire Fermentum a reçu la visite de garçons et de filles de deux paroisses, celle du Christ Roi, à Karawang, et celle de la Sainte Croix, à Purwakarta. Ils étaient 115 à passer la nuit au grand séminaire, après une visite aux dominicaines du couvent Ste Marie et au séminaire Pratista, des Pères de la Sainte Croix, où ils ont eu un aperçu de ce qui fait le quotidien de la vie d’un séminariste et de celle d’une religieuse.

Au début du mois, déjà, les séminaristes de Pratista et de Fermentum et les religieuses de plusieurs congrégations du diocèse de Bandung s’étaient rendus dans ces deux paroisses. Ils avaient joué, chanté avec les enfants et parlé de leur vie avec les paroissiens. Ils avaient été également reçus dans certaines familles où, là encore, ils avaient pu rencontrer des jeunes.

A Fermentum, avant d’aller dormir et après avoir pris leur repas et chanté avec les séminaristes, les garçons, en majorité des enfants de chour, et les filles ont visionné une vidéo montrant la vie quotidienne au séminaire. Le lendemain matin, le prêtre qui présidait l’Eucharistie a demandé aux jeunes si toutes ces rencontres et visites leur avaient fait penser qu’ils pourraient, eux aussi, se consacrer au Seigneur. “Chose étonnante, quinze enfants ont levé la main a rapporté la trésorière du conseil paroissial, Lucia Jani, 33 ans, qui les accompagnait. Pour elle, pas de doute : “Inviter les enfants à de telles visites et à se rendre compte par eux-mêmes de la vie et de l’idéal des religieuses ou des séminaristes est la méthode la meilleure pour susciter des vocations.”

Le P. Terry Ponomban, secrétaire de la Commission pour les séminaires de la Conférence épiscopale d’Indonésie, partage ce point de vue. Chaque commission diocésaine, dit-il, devrait inviter les jeunes à faire l’expérience de la vie au séminaire ou avec les moniales “pour leur donner, en direct, une idée de l’atmosphère qui règne dans un séminaire ou dans un couvent”. Sessions pour les vocations avec témoignages, partages et diverses autres activités spirituelles seraient les bienvenues.

Le P. Ponomban reconnaît que, dans un certain nombre de diocèses à travers le pays, le nombre des vocations diminue. “C’est pourquoi il est urgent que les Commissions diocésaines pour les séminaires donnent plus d’attention aux vocations et cela, d’une façon plus personnelle et plus systématique. Sans oublier non plus de demander aux fidèles d’aider financièrement les séminaires.” Sur trente-six diocèses, six seulement ont une Commission pour les séminaires, souligne-t-il. Selon lui, la baisse des vocations, surtout dans la partie ouest de l’Indonésie, est due à l’absence de Commission diocésaine et de campagne d’animation en faveur des vocations. Il souligne aussi que le planning familial, mis en place par le gouvernement et qui promeut des familles limitées à deux enfants, ne favorise pas les vocations. “Sans ce programme gouvernemental, les familles catholiques penseraient sans doute plus facilement à envoyer un de leurs enfants au séminaire commente-t-il.

“Chaque diocèse, souhaite encore le P. Ponomban, devrait demander aux familles, aux écoles et aux communautés de base de penser à encourager les vocations chez les jeunes.” En dépit des attraits de la vie moderne et des tentations qu’elle offre, le prêtre souligne que “dans l’est de l’Indonésie, les vocations sont encore nombreuses”. “Et pourtant, remarque-t-il, les conditions d’entrée au séminaire y sont sévères. La moitié des candidats n’est généralement pas acceptée.” Les diocèses de l’est comptent des dizaines d’ordinations sacerdotales chaque année, là, où dans l’ouest, les diocèses en comptent de cinq à sept seulement, voire aucune. La raison d’une telle différence, explique le P. Ponomban, “est aussi que les provinces de l’est sont majoritairement catholiques et que devenir prêtre demeure un idéal pour beaucoup d’enfants. De plus, les familles catholiques ressentent de la fierté lorsque l’un des leurs devient prêtre”.