Eglises d'Asie

L’archevêque de New Delhi crée neuf nouvelles paroisses personnelles pour les catholiques de rite oriental de son diocèse

Publié le 18/03/2010




Deux ans après avoir créé à titre expérimental six paroisses personnelles pour les catholiques de rite syro-malabar et trois autres pour les catholiques de rite syro-malankara (1), Mgr Vincent Concessao, archevêque de l’archidiocèse de New Delhi, a annoncé le 15 juin dernier la création de neuf paroisses personnelles supplémentaires pour les fidèles de rite oriental de son diocèse. L’archevêque, de rite latin, a déclaré que cette mesure était prise afin de contribuer à préserver “la richesse” des traditions orientales dans son diocèse. Interrogé sur la possibilité de voir prochainement ériger un diocèse de rite syro-malabar pour Delhi et un diocèse de rite syro-malankara pour tout le nord de l’Inde, Mgr Concessao a répondu que l’érection de nouveaux diocèses était au-delà de son autorité. Il a aussi rappelé que, lors du dernier synode diocésain, tenu il y a quelques années, “une large majorité” des délégués s’était prononcée contre la création d’un diocèse distinct pour les catholiques de rite oriental.

Dans l’Eglise catholique en Inde, qui comprend trois rites, les rites latin, syro-malabar et syro-malankara, la prise en charge pastorale des fidèles de rite oriental vivant hors de leur diocèse d’origine est une question délicate. Avec 120 diocèses et 12,5 millions de fidèles, l’Eglise latine est la plus importante. L’Eglise syro-malabar compte 25 diocèses et 3,5 millions de fidèles. L’Eglise syro-malankara dispose de cinq juridictions pour environ 325 000 fidèles. Les catholiques de rite oriental résident pour la plupart dans l’Etat du Kerala, à l’extrémité sud-ouest du pays, mais beaucoup sont allés s’installer dans d’autres régions de l’Inde ou dans divers pays d’Europe, d’Amérique du Nord et du Golfe persique. Pour la prise en charge pastorale des fidèles de rite oriental installés hors du Kerala, les responsables demandent – en vain – la création de nouveaux diocèses de rite oriental. La demande a été à plusieurs reprises présentées à Rome (2).

Dans le décret publié le 15 juin et qui prendra effet le 1er août prochain, Mgr Concessao a annoncé la création de huit nouvelles paroisses personnelles pour les Syro-Malabar et une pour les Syro-Malankara. L’érection de paroisses personnelles est prévue par le Droit canon et vise à permettre à des fidèles parlant la même langue, ou appartenant à une même nationalité, ou encore à un même rite, de se rassembler. Mgr Concessao a rappelé que c’était le cas et que les nouvelles paroisses “coexisteront avec les paroisses territoriales” existantes. La mesure a été prise “en premier lieu pour accueillir les nouveaux arrivants dans la ville” venus des rites orientaux qui ont “le sentiment de ne pas trouver leur place” du fait de “la barrière linguistique”. Les habitants du Kerala parlent en effet le malayalam, tandis que les services religieux dans l’archidiocèse de New Delhi, en dehors des paroisses personnelles de rite oriental érigées en 2003, sont menés en hindi ou en anglais.

Selon le P. George Manimala, vicaire épiscopal pour les catholiques de rite oriental de l’archidiocèse de New Delhi, la création de ces neuf nouvelles paroisses est “une étape logique pour permettre aux catholiques orientaux d’être fidèles à leurs traditions religieuses. Il a ajouté que, comme prévu par le Droit canon, il a été demandé aux responsables des Eglises orientales de présenter les noms des candidats ad hoc pour assumer la charge de ces nouvelles paroisses, dont les curés seront nommés par Mgr Concessao. L’aumônier des Syro-Malabar de Delhi, le P. Jose Edassery, a précisé pour sa part que les nouvelles paroisses utiliseront les infrastructures des paroisses latines, dans un esprit de coopération paisible.

Par le passé et encore récemment, cette coopération ne s’est pas toujours bien passée. En mai, des Syro-Malabar ont conduit un service de prières mariales dans la rue, devant les portes d’une paroisse de rite latin, après que le curé leur ait refusé la permission d’utiliser l’église paroissiale. Régulièrement, de tels incidents se produisent. Selon certains Syro-Malabar, au moins la moitié des quelque 90 000 catholiques de l’archidiocèse de New Delhi appartiennent à leur rite, ce que contestent les responsables de rite latin. Bien souvent, dans les familles de rite oriental, les parents souhaitent pratiquer leur foi selon leur rite originel et les enfants, nés ou grandis à Delhi, préfèrent participer au culte dans le rite latin.