Eglises d'Asie

A l’occasion des baptêmes de la veillée pascale, l’Eglise de Mongolie réaffirme la nécessité pour les nouveaux chrétiens d’approfondir leur foi

Publié le 18/03/2010




Cette année, lors de la veillée pascale, ce sont 70 nouveaux baptisés qui ont rejoint les rangs de la petite et jeune Eglise catholique de Mongolie. Les responsables de cette Eglise s’en réjouissent et soulignent qu’une de leurs priorités est de maintenir et de renouer un lien avec les baptisés des années précédentes qui se sont éloignés de l’Eglise. “Nous avons remarqué que certains Mongols ont, à l’égard du catholicisme, la même approche intellectuelle que celle qu’ils ont à l’égard des études universitaires, explique Sr Lieve Staiger. Certains de nos premiers convertis ne viennent plus à l’Eglise parce que pour eux, avoir été baptisé, c’est comme avoir été diplômé, et ils ne voient pas pourquoi ils devraient retourner à l’école.”

De nos jours, affirme-t-elle encore, presque tous nos nouveaux catholiques ont suivi deux ans de catéchisme. C’est bien le cas des 70 catéchumènes de cette année, qui ont été baptisés durant les fêtes pascales dans les trois paroisses que compte le pays, situées à Oulan-Bator (1).

Pour le P. Patrick Mondomobe, curé de la cathédrale St Pierre-St Paul, partir à la recherche “des brebis perdues” est un souci de chaque instant. “Il n’est pas étonnant que certains de nos premiers baptisés n’aient pas pu se faire des amis parce qu’à l’époque, les chrétiens n’étaient qu’une poignée explique le missionnaire, camerounais d’origine, ajoutant : “Je veux qu’ils sachent que la communauté attend leur retour – et, d’ailleurs, plusieurs ont déjà repris contact.” Après avoir été visitée par le prêtre, une jeune fille est revenue à la messe accompagnée de ses deux sours. “Je suis contente d’être là et d’avoir pu communier. Il y a plusieurs paroisses maintenant et beaucoup de gens vont à l’église. C’est vraiment bien a-t-elle commenté.

Les missionnaires font face à d’autres difficultés. Il n’est pas rare que des catholiques, nouvellement baptisés, partent avec leur famille s’installer dans des régions éloignées de la capitale alors que la présence de l’Eglise se limite surtout à Oulan-Bator et à ses environs. “A moins d’habiter dans la capitale ou à proximité, ils n’ont pas la chance de pouvoir aller à l’église le dimanche et de participer à la vie paroissiale explique encore le P. Mondomobe. De son côté, Sr Straiger rappelle que “d’autres vont aussi étudier ou travailler à l’étranger et, si nous connaissons le nombre exact de nos baptisés, aujourd’hui nous ne savons pas le nombre précis des catholiques en Mongolie.”

En revanche, à Dari Ekh, un quartier de gers (tentes) au nord d’Oulan-Bator, le problème est autre. Il s’agit de faire face au manque d’infrastructures, notamment pour les 150 enfants qui viennent à la messe. Ils ne vivent pourtant pas très loin de la cathédrale. “Tout d’abord, nous avons essayé d’avoir les enfants à l’église une fois par mois, grâce à l’autobus, mais ils n’avaient pas d’argent. Alors ce sont les Sours qui emmenaient les enfants à la messe et à l’école du dimanche raconte le P. Mondomobe. Comme le nombre des enfants augmentait, il est devenu trop coûteux de louer un, puis deux minibus, et finalement un grand bus. “Nous avons compris que transporter le berger était plus économique que de transporter tout le troupeau continue-t-il en souriant. Désormais, c’est lui qui se rend à Dari Ekh tous les samedis et entasse les 150 enfants dans une des pièces de la maison des religieuses pour célébrer la messe et enseigner le catéchisme. “Ce n’est qu’une solution temporaire, dit-il. Nous avons en vue un petit terrain pour y construire une maison de bois. Le nombre d’enfants qui vient à la messe et au catéchisme augmente tous les jours ; aussi, plus vite nous pourrons acheter ce terrain, mieux ce sera.” En tout état de cause, rappelle-t-il, l’Eglise respecte la loi mongole qui interdit que des enfants de moins de 16 ans adhèrent à une autre religion sans une demande expresse de leurs parents (2).

A ce jour, l’Eucharistie est célébrée au moins un fois par semaine dans onze lieux différents à travers le pays : quatre à l’intérieur de la ville d’Oulan-Bator, quatre dans les quartiers de gers environnants et trois hors de la capitale. Le lieu le plus éloigné de la capitale est Darhan, deuxième plus grande ville de Mongolie, à 200 km. au nord d’Oulan-Bator. Trois prêtres salésiens et quatre religieuses Missionnaires de la Charité y travaillent. A Pâques, onze des soixante-dix baptêmes y ont été célébrés.

Depuis l’arrivée des premiers missionnaires, en 1992, et les premiers baptêmes, nombre de catholiques ont mûri dans leur foi et sont maintenant engagés dans la vie paroissiale. Quelques-uns, comme Enhee, jeune homme de 21 ans, parlent même de vocation religieuse. “J’étudie les biotechnologies à l’Université internationale de Mongolie. Ma deuxième maison, c’est l’église et je viens après mes cours pour donner un coup de main là où je peux explique Enhee, qui, comme tous les Mongols, n’utilise qu’un seul nom. “Nous avons un groupe d’étude de la Bible toutes les semaines. Je fais aussi différentes choses dans la paroisse. Je voudrais un jour être prêtre ajoute le jeune homme.