Eglises d'Asie – Corée du sud
L’aumônerie militaire n’oublie pas les jeunes soldats qui, après 24 mois de service obligatoire, retrouvent la vie civile
Publié le 18/03/2010
En juillet dernier, le P. Benedict Kwak Seong-min, chancelier de l’archidiocèse de Séoul, a ainsi envoyé un courrier à toutes les paroisses pour leur signaler les noms des soldats démobilisés et demander aux curés de s’en préoccuper. Il suggérait que les prêtres aillent rendre visite au domicile des anciens soldats et que ceux-ci soient invités à prendre contact avec la paroisse.
Le 1er octobre dernier, à l’occasion du dimanche consacré à l’Aumônerie militaire, l’évêque aux armées, Mgr Peter Lee Ki-heon, a demandé aux fidèles de prier pour les soldats de la « nouvelle génération » (1). Il a expliqué que ces jeunes lui apparaissaient plutôt égocentriques et indifférents à la religion. « La majorité des soldats sont des jeunes de cette ‘nouvelle génération’. Leurs valeurs culturelles et morales sont tout à fait différentes de celles des anciennes générations. Aussi, personne ne peut prédire ce qu’ils deviendront a écrit l’évêque. Néanmoins, il a parlé de la grande opportunité que ces jeunes représentaient pour l’Eglise. « Certains, au départ indifférents à la religion, recherchent sincèrement et comme naturellement la foi lorsqu’ils sont plongés dans la sévère discipline militaire. » Après leur service, a-t-il ajouté, ils rejoignent la société et fondent des familles, bases essentielles de l’Eglise.
Pour le P. Francisco Hyun Kwang-sub, un aumônier militaire rattaché à la paroisse de Piryong, à Yangju, au nord de Séoul, les propos de l’évêque rejoignent une réalité qu’il constate dans son apostolat, notamment en ce qui concerne la difficulté de la jeunesse d’aujourd’hui à se faire à la discipline militaire. Selon lui, l’égocentrisme des jeunes revêt une dimension « incroyable comparé à la situation d’il y a dix ans. « Notre approche pastorale n’a pas changé, mais il nous faut évoluer pour mieux correspondre à leur culture. Aujourd’hui, nous insistons sur la formation du caractère et le souci de savoir s’occuper des autres. »
Le P. Lim a également expliqué que, pour s’adapter au changement culturel de ces jeunes et de l’environnement militaire, l’aumônerie, le 5 septembre dernier, a mis sur pied un comité d’une trentaine de personnes, prêtres, religieuses et laïcs, dont des militaires et leurs familles. « Avec ce comité, nous faisons de notre mieux pour aider les soldats catholiques à approfondir leur foi durant leur temps de service. »
D’après les informations fournies par l’aumônerie militaire, 80 aumôniers travaillent sur « cette terre aride » des forces armées, où ils célèbrent l’eucharistie, conseillent et accompagnent les soldats (2).