Eglises d'Asie

La Cour suprême a disculpé Abou Bakar Bachir pour les attentats de Bali de 2002 et contre l’hôtel Marriott en 2003

Publié le 18/03/2010




Le 22 décembre dernier, la Cour suprême a annulé la condamnation qui avait envoyé en prison durant deux années et demie le chef religieux islamiste Abou Bakar Bachir pour sa responsabilité dans les attentats de Bali du 12 octobre 2002 et contre l’hôtel Marriott à Djakarta, en août 2003. “Il a été acquitté de toutes les charges” pesant sur lui, a précisé un officiel de la Cour, précisant que les juges avaient ordonné la “réhabilitation” de la réputation du chef religieux.

Dans une large mesure, la décision de la Cour suprême est purement symbolique car Abou Bakar Bachir, à la faveur de remises de peine ayant provoqué des protestations américaines et australiennes, a été libéré de la prison de Cipinang, à Djakarta, le 14 juin 2006 (1). Depuis cette date, il a repris ses prêches à travers le pays, s’en prenant violemment aux Etats-Unis et à Israël et réclamant l’instauration d’un Etat islamique en Indonésie. Toutefois, la nouvelle de sa disculpation n’a pas été accueillie avec joie par certains dans le pays. Un porte-parole de la police a déclaré qu’il existait “des preuves abondantes montrant son implication dans les attentats” et que la police le considérait toujours comme coupable.

Sur le fond, la Cour, après avoir entendu trente témoins, a estimé que le prédicateur, âgé de 69 ans, n’était “pas impliqué” dans ces deux attaques imputées au réseau de la Jemaah Islamiyah, lié à Al Qaida. Les rencontres qu’Abou Bakar Bachir a eues avec des responsables des attentats de Bali avant cette action terroriste ne prouvent pas “la conspiration” et les témoins ont tous dit que Bachir n’était pas impliqué dans cette affaire, a jugé la Cour.

Certains observateurs ont noté que la Cour suprême a rendu son jugement à l’avant-veille de la messe de la nuit de Noël, alors que les ambassades américaines et australiennes à Djakarta avaient mis en garde contre des risques “crédibles et graves” d’attaques terroristes antioccidentales. Le 24 et le 25 décembre, les célébrations de Noël se sont déroulées dans le calme, même, si comme à l’accoutumée depuis plusieurs années, les forces de sécurité avaient mobilisé d’importants effectifs aux abords des lieux de culte chrétiens. A Sumatra-Nord et à Aceh, ce sont les intempéries – des pluies diluviennes provoquant des inondations et des glissements de terrain – qui ont perturbé les fêtes, des chrétiens ayant dû célébrer Noël sous des tentes.