Eglises d'Asie

Des agents de la Sécurité brutalisent un diplomate américain tentant de rendre visite à Huê au P. Nguyên Van Ly

Publié le 07/01/2011




Dans un communiqué diffusé à Washington, le 5 janvier 2011, le département d’Etat américain a protesté officiellement contre les mauvais traitements infligés par les services de la Sécurité publique vietnamienne à un fonctionnaire de l’ambassade des Etats-Unis à Hanoi, alors que celui-ci tentait de rendre visite au P. Thaddée Nguyên Van Ly, dissident très connu, dans sa résidence à l’archevêché de Huê (1).

Dans l’après-midi du 4 janvier 2011, le P. Ly avait informé les médias étrangers que les agents de Sécurité avaient brutalement empêché Christian Marchant, conseiller politique auprès de l’ambassade des Etats-Unis à Hanoi, de parvenir à sa résidence de l’archevêché de Huê pour le rencontrer.

Selon le récit du prêtre (2), en résidence surveillée à Huê pour traitement médical, le diplomate américain avait fait le voyage depuis Hanoi par avion, puis s’était rendu de l’aérodrome de Ohu Bai à la résidence du prêtre en voiture de location. Mais bien avant son arrivée, des agents avaient été postés devant la porte de l’appartement du prêtre pour empêcher cette visite. Lors de son arrivée, Christian Marchant a été bousculé, frappé et repoussé sous le regard de centaines de témoins.

A Washington, le 5 janvier en milieu d’après-midi, un communiqué émanant du département d’Etat faisait part de la profonde émotion éprouvée par les autorités américaines devant cet incident concernant un agent de l’ambassade des Etats-Unis. Elles protestaient auprès du gouvernement vietnamien et avertissaient ce dernier qu’il était de son devoir d’assurer la protection physique des diplomates étrangers contre toute attaque extérieure.

Le P. Nguyên Van Ly est toujours, en principe, sur le coup d’une sentence le condamnant à une peine de huit ans de prison (3). Elle lui avait été infligée le 30 mars 2007 par le Tribunal populaire de Huê. Après les premières années de son séjour au centre pénitentiaire de Ba Sao au nord du Vietnam, de graves troubles de santé dus à une attaque cérébrale avaient obligé les autorités à l’hospitaliser puis à lui permettre d’interrompre momentanément sa peine afin de suivre un traitement médical au sein de l’archevêché de Huê, où il réside maintenant depuis le 16 mars 2010. Il n’a pour le moment accompli que trois ans de sa peine. Sept ans lui restent donc encore à purger… Cependant, le 28 août 2010, le haut fonctionnaire chargé de la publication de la liste des amnistiés pour la fête nationale, le général Lê Thê Tiêm, avait expliqué que, bien que le nom du P. Ly ne figurât pas sur la liste, celui-ci serait dispensé de purger le reste de sa condamnation, en raison des progrès qu’il avait accomplis durant son séjour de quelques mois à l’archevêché. Rien par la suite n’est venu confirmer cette déclaration.

Le P. Ly est loin d’être resté silencieux depuis sa libération provisoire du 16 mars dernier. De nombreux textes, dénonciations et pamphlets signés de son nom ont été envoyés à diverses instances internationales et ont circulé sur le réseau Internet. Vieil habitué des prisons communistes, le P. Ly totalise quelque dix-huit années d’internement (4).