Eglises d'Asie

30 000 catholiques rassemblés à Mangalore pour marquer leur attachement « à leur foi et à la Constitution indienne »

Publié le 04/02/2020




Au moins 30 000 fidèles ont participé à une rencontre organisée par l’Église catholique indienne à Mangalore, dans l’État du Karnataka, dans le sud-ouest du pays, afin de réaffirmer leur « loyauté envers l’Inde, envers la Constitution et envers la foi chrétienne ». La rencontre a eu lieu le 2 février à Madanthyar, à environ 50 kilomètres à l’ouest de Mangalore, à l’initiative de l’Église catholique de rite latin, l’un des trois rites de la conférence épiscopale indienne – latin, syro-malabar et syro-malankar. À l’issue de l’événement, les organisateurs ont également demandé au gouvernement de déclarer le 8 septembre, fête de la Nativité de Marie, comme jour férié. La rencontre a été baptisée « Catholic Maha Samavesha 2020 ».

Le 2 février à Madanthyar, à près de 50 km de Mangalore, dans l’État du Karnataka, dans le sud-ouest de l’Inde, près de 30 000 catholiques de la région ont participé à une rencontre organisée afin de réaffirmer leur « « loyauté envers l’Inde, envers la Constitution et envers la foi chrétienne ». La rencontre, baptisée Catholic Maha Samavesha 2020, rassemblait les trois rites de l’Église catholique indienne – latin, syro-malabar et syro-malankar. Les participants ont notamment formé une longue « procession de l’unité », depuis le centre de la ville jusqu’à la cathédrale du Sacré-Cœur. Plusieurs centaines de prêtres et de religieuses, ainsi que plusieurs milliers de représentants des communautés catholiques de la région, étaient présents. Parmi les évêques qui participaient à l’événement se trouvait Mgr Pierre Paul Saldanha, évêque de Mangalore ; Mgr Geevarghese Mar Divannasios, du diocèse syro-malankar de Puttur ; et Mgr Lawurence Mukkuzhy, du diocèse syro-malabar de Beltangady. La rencontre du 2 février a eu lieu au milieu d’une période secouée par les tensions politiques et religieuses, alors que le Parlement indien a approuvé l’amendement de la loi sur la citoyenneté. Le projet de loi a causé de vifs débats dans tout le pays, notamment contre le fait que l’amendement exclue la minorité musulmane des demandes de naturalisation provenant des immigrés bangladais, pakistanais et afghans. De nombreux catholiques se sont prononcés contre « une mesure ouvertement discriminatoire qui menace de diviser le pays », tout en réaffirmant leur attachement à la laïcité indienne.

Mgr Saldanha, dans son discours d’ouverture, a souligné que « nous sommes Indiens ». « À Mangalore, nous vivons depuis 450 ans de façon pacifique et respectueuse en tant que disciples de Jésus-Christ », a-t-il défendu. « Nous croyons dans la bonté au cœur de l’humanité. Nous croyons aussi en notre Constitution. Nous vivons pour notre pays. En organisant cette rencontre, nous rappelons que nous tiendrons bon. Nous sommes toujours fidèles à notre pays, et notre foi est toujours avec le Dieu unique qui nous unit et qui nous enseigne son amour. En tant qu’Indiens, nous sommes unis par notre Constitution qui souligne notre unité dans la diversité. » Pour Mgr Mukkuzhy, la rencontre était justement organisée dans le but de souligner « notre unité avec Jésus et dans la foi catholique ». « Nous sommes à l’avant-garde dans les domaines de l’éducation et de la santé. Personne ne peut nier cela. De nombreuses personnalités politiques, sportives, scientifiques ou intellectuelles du pays ont étudié dans des établissements chrétiens. En tant que catholiques, nous respectons toutes les religions et toutes les croyances, et nous continuerons de servir le pays, quoi qu’il arrive », assure-t-il.

(Avec Asianews, Mangalore)


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