Eglises d'Asie

Alors que l’Inde sort progressivement du confinement depuis le 1er juin, les églises de Calcutta sont à nouveau ouvertes

Publié le 03/06/2020




« Toutes les églises sont à nouveau ouvertes au culte depuis le 1er juin », se réjouit Mgr Thomas D’Souza, archevêque de Calcutta. Ce lundi de Pentecôte au matin, les églises chrétiennes de la capitale de l’État du Bengale occidental ont pu rouvrir leurs portes aux fidèles, grâce à l’autorisation de la ministre en chef Mamata Banerjee. Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé la fin du confinement dès ce 1er juin, tout en laissant les État gérer le déconfinement progressif jusqu’au 30 juin. Certains États comme le Maharashtra ou le Pendjab n’en sortiront qu’à la fin du mois. À Calcutta, les temples hindous et les mosquées préfèrent rester fermés pour éviter des rassemblements trop importants.

Mgr Thomas D’Souza, archevêque de Calcutta, est heureux d’annoncer que « toutes les églises sont à nouveau ouvertes au culte et à la prière des fidèles depuis le 1er juin ». « Ce lundi, nos prêtres ont ouvert toutes les églises et ont exposé le Saint-Sacrement entre 10 heures et 18 heures Tous peuvent venir adorer Jésus », se réjouit-il, avec une joie compréhensible. Le pays était en effet confiné depuis le 25 mars, et les églises étaient toujours fermées. Ce lundi de Pentecôte, les églises de Calcutta ont pu rouvrir avec de nombreuses restrictions, mais les temples et mosquées sont toujours fermés. Le Premier ministre Narendra Modi a décidé de mettre fin au confinement ce lundi, en laissant chaque État gérer la reprise progressivement jusqu’au 30 juin. Plusieurs États ont déjà annoncé la poursuite du confinement pour eux : jusqu’au 15 juin pour le Bengal occidental, et jusqu’au 30 juin pour le Maharashtra, le Pendjab, le Madhya Pradesh et le Tamil Nadu. La réouverture des églises de Calcutta, capitale du Bengale occidental, a été possible grâce à l’autorisation des autorités de la ville. Mgr D’Souza explique vouloir exprimer sa gratitude envers la ministre en chef Mamata Banerjee, « qui a compris le besoin de prier et d’adorer des gens ». « Elle a dit elle-même qu’une fois, en marchant près de sa maison, qui est située près d’un temple dédié à la déesse Kali [et de la maison mère des sœurs missionnaires de la charité], qu’elle a senti que les gens devaient avoir le droit de se rendre dans les lieux de culte ».

L’Église de l’Inde du Nord (CNI) de Calcutta, protestante, a également rouvert ses portes, mais sans services liturgiques. Pour l’instant, les temples hindous et mosquées préfèrent rester fermés afin d’éviter les foules et les rassemblements trop importants. Quoi qu’il en soit, la réouverture des églises catholiques de Calcutta n’est pas sans conditions. Les églises ne peuvent accueillir que dix personnes à la fois ; toutes les personnes présentes doivent porter un masque de protection, se désinfecter les mains et respecter les distanciations sociales. Des volontaires font en sorte de faire respecter les règles. « Les gens doivent rester en prière durant seulement dix à quinze minutes, afin de permettre aux autres de venir prier. Quand une personne sort de l’église, une autre entre, en évitant que des groupes se forment devant l’édifice », précise l’archevêque. « Les prêtres diocésains m’ont dit que depuis ce lundi matin, les gens se pressent sans cesse pour venir prier, les yeux remplis d’émotion. Certains ne faisaient que pleurer devant Jésus présent dans le Saint Sacrement. Après presque neuf semaines sans pouvoir venir à l’église pour prier et adorer Jésus, il y avait une grande soif dans les cœurs de nos fidèles. La présence réelle de Jésus dans le Saint Sacrement répond à l’attente et à la soif de l’âme humaine. »

(Avec Asianews, Calcutta)


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