Eglises d'Asie

Appel au calme d’un évêque sur fonds de tensions entre Tokyo et Séoul

Publié le 20/08/2019




Un évêque japonais a appelé les dirigeants japonais et sud-coréens à apaiser les tensions entre les deux pays, en abordant le passé avec sensibilité et en affrontant les problèmes non résolus avec calme et par un dialogue rationnel. Le 15 août, jour de l’Assomption, Mgr Katsuya, évêque de Sapporo et président du Conseil catholique japonais pour la Justice et la Paix, a publié un communiqué en japonais et en coréen intitulé « Vers la réconciliation des gouvernements japonais et coréens ». Il souligne qu’« indépendamment des positions politiques, le Japon et la Corée doivent éviter d’endommager les amitiés entre les peuples en agissant de manière irréfléchie ».

La détérioration de la lutte commerciale entre Séoul et Tokyo est liée à un ressentiment persistent côté coréen à propos des actions militaires passées du Japon. Dans une série de décisions prises depuis octobre 2018, la Cour Suprême sud-coréenne a ordonné à des sociétés japonaises de verser des compensations à des Coréens qui ont été enrôlés de force comme ouvrier durant la Deuxième Guerre mondiale. De son côté, le gouvernement japonais estime que la question d’une compensation a été résolue lors d’un accord signé par les deux pays en 1965. « Certains juristes et étudiants japonais affirment que la réponse du gouvernement sur ces questions n’est pas appropriée », a déclaré Mgr Katsuya. « Les gouvernements japonais et coréens ainsi que la Cour Suprême japonaise sont d’accord pour reconnaître que le droit à une compensation a été réglé par cet accord, mais il a été mis en évidence que les droits individuels à une compensation n’ont pas encore été résolus » Le 4 juillet, le Japon est intervenu pour compliquer les procédures d’exportations pour les composants utilisés pour les produits high-tech. Le 2 août, le gouvernement japonais a également annoncé des projets de retrait de la Corée du « Groupe A », une liste de pays à qui le Japon accorde un statut commercial privilégié. Cette série de mesures est considérée comme une réponse de Tokyo aux décisions juridiques coréennes. En réaction, Séoul a annoncé le 12 août que le Japon serait retiré de sa propre liste de pays bénéficiant d’un statut commercial privilégié. Mgr Katsuya, dans son message, a mis en évidence « les échanges de biens et de personnes » qui sont florissants entre les deux pays. Au Japon, la musique, les films et les téléfilms coréens sont devenus populaires, ainsi que la nourriture et les cosmétiques coréens. Un programme d’échanges entre les évêques japonais et coréens continue chaque année depuis plus de vingt ans. Pourtant, aujourd’hui, les Coréens boycottent des produits japonais, et des événements civils associant les deux pays ont été annulés. « Les médias japonais commentent abondamment ce que dit le gouvernement japonais tout en ignorant la position du gouvernement coréen. Ainsi, il semble que la société japonaise devienne plus critique envers la Corée », poursuit l’évêque de Sapporo. « Les tensions actuelles entre le Japon et la Corée du Sud sont étroitement liées aux questions toujours non résolues concernant le régime colonial japonais sur la péninsule coréenne et son processus de liquidation. Je pense que nous devons y prêter attention. » Mgr Katsuya a également ajouté que le gouvernement japonais devait particulièrement « prendre en considération » ses anciennes colonies. « Il n’y a pas d’autres moyens de régler la question que le calme, le dialogue rationnel et le respect mutuel. »

(Avec Ucanews, Tokyo)


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