Eglises d'Asie

Aucun accord à l’issue du sommet Trump-Kim de Hanoï

Publié le 01/03/2019




Lors du sommet organisé à Hanoï du 27 au 28 février, Kim Jong-un et Donald Trump ont pu échanger sur la dénucléarisation et le développement économique de la péninsule coréenne. Le dirigeant nord-coréen a également affirmé qu’il ne serait pas venu à Hanoï s’il avait été contre le démantèlement nucléaire. Pourtant, malgré des échanges dits « constructifs », les deux dirigeants n’ont signé aucun accord, tout en promettant de se rencontrer à nouveau. Le sommet a également reçu des réactions mitigées de la part de la population vietnamienne.

Si les Vietnamiens ont partagé leur espérance que le sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un, organisé à Hanoï, au Vietnam, du 27 au 28 février, apporte la paix et la prospérité aux Nord-Coréens, les organisations locales de défenses des droits de l’homme n’ont pas caché leur déception. Il s’agissait du second sommet officiel entre les deux pays en l’espace de huit mois. Le président américain et le dirigeant nord-coréen ont notamment évoqué le désarmement nucléaire dans la péninsule coréenne, demandé par Washington en échange de plusieurs concessions dont la fin des sanctions contre Pyongyang. Le long des rues amenant à l’hôtel Metropole où les deux dirigeants ont organisé leurs échanges, la police a érigé des barrières et le quartier a été placé sous haute sécurité. Des policiers en civil et des véhicules militaires ont été déployés et beaucoup d’écoles et de boutiques ont été fermées dans le centre de la capitale. Le renforcement de la sécurité à Hanoï n’a pas empêché certains habitants d’afficher publiquement leur soutien au sommet. À l’image de Thi Lan Nguyen et de sa fille, qui ont revêtu des t-shirts à l’image des deux dirigeants en agitant des drapeaux vietnamiens et nord-coréens dans le centre-ville. « Nous sommes venues pour soutenir le sommet et nous espérons qu’il portera du fruit pour la péninsule coréenne, en particulier pour les Nord-Coréens », confie Thi Lan. « Nous espérons que les deux dirigeants travaillent ensemble pour le futur des Nord-Coréens, pour leur permettre d’échapper à la pauvreté, de vivre en paix et pour qu’ils puissent s’ouvrir au reste du monde », ajoute la Vietnamienne de 75 ans qui a elle-même connu la souffrance et le deuil durant de la guerre du Vietnam.

Le modèle vietnamien en exemple

Un peu plus loin se tient Le Thi Mai, qui vend des drapeaux et des vêtements à l’image du sommet de Hanoï. « Nous voulons encourager les deux dirigeants à travailler pour la paix dans la péninsule et pour intégrer la Corée du Nord à la communauté internationale », explique-t-il. Van Duan Nguyen, qui vend des œufs au marché voisin de Long Bien, est convaincu que Trump parviendra à déclarer la paix avec la Corée du Nord, dans la lignée des relations entre les États-Unis et le Vietnam. Duan ajoute que la normalisation des relations entre les deux pays a permis de soutenir le développement économique du Vietnam. « Notre vie s’est beaucoup améliorée grâce à cela », affirme le Vietnamien de 40 ans, qui ajoute qu’il considère les Américains comme des amis, même si son oncle s’est battu contre les forces américaines en 1968, dans le Sud-Vietnam.

Des sources signalent que des policiers ont été envoyés chez plusieurs militants afin de les empêcher de quitter leur domicile. Certains auraient également été placés en détention. Beaucoup de militants locaux ont espéré que le sommet porte également du fruit en faveur des droits de l’homme au Vietnam. Mais ils estiment que Donald Trump n’a pas évoqué les violations des droits de l’homme lors de ses dernières rencontres avec le président vietnamien Phu Trong Nguyen et le Premier ministre Xuan Phuc Nguyen. Ils affirment également que le président Trump n’a pas mentionné la démocratie et les droits de l’homme pour des raisons commerciales. Les médias locaux ont également rapporté que Trump et ses homologues vietnamiens ont signé des accords commerciaux à hauteur de près de 21 milliards de dollars. Pour le père John Nguyen Ngoc Nam Phong, le sommet de Hanoï risque également de renforcer l’influence du gouvernement vietnamien. « Les États-Unis ont choisi le Vietnam pour accueillir le sommet afin de montrer qu’ils veulent que la Corée du Nord suive le modèle vietnamien », affirme le prêtre, qui estime que la Corée du Nord partage cette vision, qui permettrait au régime de maintenir son contrôle totalitaire. Selon le père Phong, les États-Unis comptent utiliser les deux pays communistes afin de limiter l’influence de la Chine, ce qui suppose que Washington ne mettra pas la pression sur le gouvernement vietnamien sur les questions des droits de l’homme.

(Avec Ucanews et Asianews)


CRÉDITS

Joseph Tran