Eglises d'Asie

Bornéo : le diocèse de Ketapang rend hommage aux sœurs missionnaires augustiniennes

Publié le 03/06/2021




L’héritage des sœurs missionnaires augustinienne reste vivant parmi les fidèles du diocèse catholique de Ketapang, dans l’île de Bornéo. Les premières missionnaires néerlandaises augustiniennes sont arrivées à Ketapang en 1949, en contribuant à développer la mission locale, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation, dans un diocèse au territoire particulièrement difficile d’accès. Vingt ans après le départ des sœurs néerlandaises, deux catholiques indonésiens ont publié un ouvrage retraçant leur histoire dans la région.

Plus de 70 ans après leur arrivée en Indonésie, la mémoire des missionnaires de l’Ordre de Saint-Augustin (Sœurs augustiniennes) reste vive parmi les fidèles du diocèse de Ketapang, dans la province du Ketapang occidental, dans l’île de Bornéo. Présents dans la région de 1949 à 2003, leur histoire a marqué Mathias Hariyadi et Royani Ping, auteurs d’un nouveau livre en guise d’hommage, retraçant l’histoire des religieuses augustiniennes dans la région et leur lien avec le développement de Ketapang. Ce diocèse reculé ne peut être rejoint que durant la saison des pluies, quand le niveau des eaux permet la navigation à l’aide d’embarcations motorisées. Durant la saison sèche, de petites routes goudronnées sillonnent le paysage, tandis que les pistes boueuses sont encombrées de pierres et de crocodiles.

Si la région reste inaccessible aujourd’hui, il faut imaginer la situation en 1949, quand le premier groupe de sœurs augustiniennes est arrivé à Ketapang depuis le Pays-Bas, trois ans après l’envoi de trois missionnaires néerlandais par la congrégation de la Passion de Jésus-Christ (Passionnistes) pour y fonder une mission catholique. Deux d’entre eux, les pères Raphael Kleyne et Caspar Ridder van der Schueren, sont morts en 1952 à cause des conditions difficiles dans la région. Un jour, leur bateau est resté bloqué dans la rivière Pesaguhan à cause des fonds rocailleux. Le moteur était tombé en panne, et l’embarcation a chaviré et dérivé le long de la rivière. Seule une religieuse néerlandaise, qui était avec eux, a pu survivre en s’accrochant à un tronc d’arbre. C’était un coup dur pour la mission, qui était dirigée par le père Raphael Kleyne, tandis que le père van der Schueren livrait de l’eau potable tous les jours par bateau aux sœurs missionnaires.

21 religieuses néerlandaises au service du diocèse de Ketapang entre 1949 et 2003

Cette histoire et d’autres récits sont racontés dans le nouvel ouvrage, qui a pu être achevé grâce à des recherches approfondies parmi les archives de la congrégation missionnaire augustinienne. Des sœurs qui ont fait partie de la mission de Ketapang ont également été interviewées par les deux auteurs. En lisant leur livre, on découvre que les premières semences du christianisme sont venues dans la région grâce à trois marchants drapiers venus de la région de Shantou, en Chine continentale. L’un d’entre eux, Tan A Hak, qui se déplaçait au quotidien dans des régions reculées de Ketapang, a rapporté au vicaire apostolique du Bornéo néerlandais (l’île faisait alors l’objet de rivalités entre Anglais et Néerlandais) que certains groupes indigènes étaient intéressés par le christianisme.

En 1955, un premier cursus vocationnel a été introduit dans la région par la congrégation augustinienne, avec quatre premières novices issues de l’ethnie Dayak. En 2003, les missionnaires néerlandaises de l’Ordre de Saint-Augustin, qui avaient atteint un âge avancé, sont retournées dans leur convent à Heemstede (Pays-Bas). Sœur Dionee Appelman, 80 ans, est la dernière de son ordre à être partie pour l’Indonésie en 1979, et la dernière à en repartir pour son pays d’origine. « Nous devenions trop âgées, et nous ne voulions pas déranger nos sœurs indonésiennes qui auraient dû s’occuper de nous. C’est pourquoi nous avons quitté la mission pour nous retirer dans notre propre pays », explique-t-elle. En tout, 21 religieuses néerlandaises ont été impliquées dans le ministère du diocèse de Ketapang durant cette période, en servant dans les domaines de la santé et de l’éducation. Même après toutes ces années, leur précieuse contribution continue de porter des fruits dans l’Église locale.

(Avec Asianews)


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