Eglises d'Asie

Cardinal Suharyo : l’Église en Indonésie au service de l’unité de la nation

Publié le 11/10/2019




Le 9 octobre, le cardinal Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo, archevêque de Jakarta et président de la conférence des évêques d’Indonésie (KWI), présent à Rome pour le synode sur l’Amazonie, a rencontré un groupe de concitoyens au Collège missionnaire pontifical international Saint Paul Apôtre. La rencontre était organisée à l’initiative de l’ambassade indonésienne près le Saint-Siège. Le cardinal Suharyo a célébré la messe en présence de Mgr Subianto, évêque de Bandung et secrétaire général de la conférence épiscopale indonésienne, et d’une vingtaine de prêtres indonésiens. L’archevêque de Jakarta, qui fait partie des treize nouveaux cardinaux créés par le pape François lors du consistoire du 5 octobre, a appelé les catholiques indonésiens à continuer de servir l’unité du pays.

L’Église indonésienne « est la gardienne d’un héritage considérable ; elle doit continuer sur la voie tracée par ceux qui nous ont précédés au service de notre pays », confie le cardinal Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo, archevêque de Jakarta et président de la conférence des évêques d’Indonésie (KWI), l’un des treize nouveaux cardinaux créés par le pape François lors du consistoire du 5 octobre. « Dans l’histoire de notre pays, on trouve d’innombrables témoignages de la contribution des catholiques au service de l’Indonésie. C’est pourquoi je demande toujours à mes collaborateurs d’accueillir et d’entretenir cet héritage avec créativité, afin de fournir les réponses nécessaires aux défis actuels. Après tout, je crois que c’est l’attitude générale de toute l’Église catholique », ajoute-t-il. « Comme le dit Gaudium et spes : ‘Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ.’ L’histoire continue et le contexte change : nous devons nous adapter à de nouvelles situations, mais notre attitude reste la même », assure-t-il. « Le pontificat du pape François s’inspire des enseignements du document pastoral du concile Vatican II. Le synode actuel sur l’Amazonie en est la preuve. », poursuit-il.
« Notre tâche n’est pas facile, mais selon moi, l’Église peut être la conscience du monde ; en tentant certaines initiatives, même modestes, dans l’espérance que de grandes transformations suivront. Nous ne pouvons pas changer le monde comme le font les puissants et les dirigeants des nations, sans parler de s’opposer à eux. Mais chacun de nous est appelé à œuvrer à sa façon et à sa mesure, pour devenir la conscience de la communauté », explique le cardinal Suharyo. Le 9 octobre, à l’initiative de l’ambassade indonésienne près le Saint-Siège, l’archevêque de Jakarta a rencontré ses compatriotes à Rome, au Collège missionnaire pontifical international Saint Paul Apôtre. La rencontre a commencé par une célébration eucharistique en présence de presque deux cents personnes. Le cardinal Suharyo a présidé la messe aux côtés de Mgr Antonius Franciskus Subianto Bunyamin, évêque de Bandung et secrétaire général de la conférence épiscopale indonésienne, du père Lisandro Alirio Rivas Duran, recteur du Collège pontifical, et d’environ vingt autres prêtres, presque tous indonésiens. Dans son homélie et durant la réception qui a suivi la célébration, le cardinal a souligné l’importance de soutenir l’unité entre les différents groupes ethniques et religieux en Indonésie. L’archevêque a cité en particulier Sukarno, premier président indonésien considéré comme le père fondateur de la nation – en signe d’unité, il avait décidé de faire construire la grande mosquée Istiqlal en face de la cathédrale Sainte-Marie de Jakarta. En remarquant le rôle essentiel joué par les catholiques pour la construction du pays, il avait appelé les citoyens indonésiens à « sauvegarder notre héritage et à prendre [leur] responsabilité au service de l’harmonie du pays ».

(Avec Asianews, Jakarta)


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