Eglises d'Asie

Climat tendu à Jakarta avant l’annonce imminente des résultats officiels des élections

Publié le 17/05/2019




Plus d’un mois après les élections présidentielles et parlementaires indonésiennes, organisées le 17 avril, la commission électorale (Komisi Pemilihan Umum, KPU) annoncera les résultats définitifs le mercredi 22 mai. Deux candidats étaient en lice, le président en exercice Joko Widodo et son opposant Prabowo Subianto. Alors que le comptage des voix progresse, l’avance de Joko Widodo semble se consolider. Le 15 mai au matin, alors que 82,35 % des bulletins avaient été dépouillés, le président Widodo devançait son opposant avec près de 15 millions de voix supplémentaires. Prabowo Subianto a réagi en s’en prenant à la légitimité de la commission électorale, ajoutant que « de nombreuses fraudes et irrégularités » ont eu lieu, attisant au passage un climat politique déjà tendu.

Mardi 14 mai, l’unité antiterroriste de la police indonésienne a annoncé l’arrestation d’au moins dix djihadistes, suspectés d’avoir planifié des attaques pour le 22 mai, le jour de l’annonce officielle des résultats des élections présidentielles du 17 avril. La commission électorale (Komisi Pemilihan Umum, KPU) annoncera les résultats définitifs ce mercredi 22 mai, entre les deux candidats, le président en exercice Joko Widodo et son opposant Prabowo Subianto. Alors que le comptage des voix progresse, l’avance de Joko Widodo semble se consolider. De son côté, soutenu par les conservateurs et les extrémistes islamistes, Prabowo a prévenu u’il « n’accepterait pas des résultats truqués », appelant les électeurs à faire de même en dénonçant les fraudes électorales. La situation a conduit à de nombreuses tensions à travers tout le pays. Les autorités, qui craignent également des risques d’émeutes, ont déployé plus de 32 000 militaires et policiers afin de maintenir l’ordre public dans la capitale. Le 15 mai au matin, alors que 82,35 % des bulletins avaient été dépouillés, la commission électorale a déclaré que le président Widodo devançait son opposant avec 70 948 538 voix contre 55 198 953. L’écart de 15 millions de voix représente environ 12,48 % du nombre total de voix exprimées. Prabowo Subianto a réagi en s’en prenant à la légitimité de la commission électorale, ajoutant que « de nombreuses fraudes et irrégularités » ont eu lieu, attisant au passage un climat politique déjà tendu.

Le soir du 17 avril, peu après la fermeture des bureaux de vote, Subianto avait déjà nié les premiers résultats publiés par les instituts de sondage officiels, soulignant que « quelqu’un cherche à faire croire que nous avons perdu ». La plupart des Indonésiens ont écouté les déclarations du candidat avec scepticisme. Il avait d’ailleurs déjà revendiqué la victoire en 2014 alors qu’il avait été battu par Joko Widodo. La semaine dernière, les partisans de Prabowo Subianto ont organisé deux manifestations devant les quartiers généraux de la commission électorale, en l’appelant à agir contre les irrégularités. Beaucoup d’Indonésiens considèrent cette conduite comme déraisonnable. Le jour des élections, il avait revendiqué 62 % des voix ; aujourd’hui, il affirme qu’il a remporté 54,24 % des voix. Prabowo Subianto, qui a été marié à la fille de l’ancien dictateur Haji Mohammad Suharto, a affirmé cela sans révéler ses sources, tout en répétant qu’il avait des preuves d’irrégularités. Pour compliquer les choses, il a précisé qu’il ne reconnaîtrait pas les résultats des élections présidentielles, mais qu’il accepterait ceux des élections parlementaires tenues le même jour. La position du candidat a provoqué des remous au sein de sa coalition. Le Parti démocratique (DP) et le Parti du mandat national (PAN) se sont tous deux éloignés de leur candidat. De son côté, la police a mené une enquête sur les personnalités les plus radicales du camp de Subianto, ce qui isole d’autant plus le candidat. Pourtant, des personnalités de premier plan comme l’ancien général Kivlan Zen ou le juriste fondamentaliste Eddy Sudjana ont menacé d’organiser des manifestations contre Widodo et la commission électorale.

(Avec Ucanews, Jakarta)


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