Eglises d'Asie

Coronavirus : les bourses asiatiques perdent du terrain, Pékin tente de relancer l’économie

Publié le 20/03/2020




Les indices boursiers asiatiques continuent de chuter, révélant les craintes vis-à-vis de l’épidémie et d’une récession imminente, qui paralysent les investisseurs malgré l’injection de liquidités massives par Pékin, afin de tenter de soutenir et relancer l’économie chinoise. L’économiste Yu Yonging, de l’Académie chinoise des sciences, recommande aux autorités chinoises de commencer d’abord par enrayer définitivement l’épidémie et d’encourager le retour à la production industrielle avant d’envisager un nouveau plan d’investissement. De fait, dans le pays, le taux de chômage est passé de 5,2 % à 6,2 % en deux mois.

Les bourses asiatiques continuent de perdre du terrain, après la chute libre subie par les indices boursiers de Wall Street et des bourses européennes. Séoul est plus durement touché avec une perte de 8,39 %. Mumbai (-3.08 %), Tokyo (-1.04 %), Taipei (-5.83 %) et Hong-Kong (-2.21 %) ont été également affectés. Au 19 mars, les bourses de Shanghai et de Shenzhen ont pu limiter les dommages avec des pertes de seulement 0,98 % et 0,10 % respectivement. Les marchés n’ont pas réagi positivement aux injections massives de liquidités qui ont été décidées par les banques centrales des principales économies mondiales. Les peurs d’une récession imminente, associées aux craintes vis-à-vis du coronavirus, paralysent les investisseurs qui attendent les prochaines décisions des grandes puissances (États-Unis, Chine, Japon et Union européenne) afin de protéger et stimuler au mieux l’économie réelle. Beaucoup d’observateurs restent sceptiques quant à l’efficacité de telles mesures pour rassurer les investisseurs, alors que les gens sont forcés de rester chez eux, et que beaucoup perdent de l’argent sans pouvoir travailler. Malgré une première injection de plus de 1 000 milliards de yuans (130 milliards d’euros), Pékin ne semble pas pressé de lancer son vaste programme d’investissements – qui n’a été que vaguement annoncé par le président chinois Xi Jinping. Les autorités chinoises semblent vouloir éviter leur erreur de 2008, quand elles ont décidé l’injection de 4 000 milliards de yuans (520 milliards d’euros) durant la crise américaine des subprimes, entraînant l’explosion de leur dette et de nombreux problèmes pour le secteur bancaire national. L’économiste Yu Yongding, de l’Académie chinoise des Sciences, estime qu’avant de lancer un programme d’investissements, le gouvernement chinois doit d’abord enrayer définitivement l’épidémie et encourager le retour à la production pour toutes les usines. Le taux de chômage est passé de 5,2 % (en décembre) à 6,2 %, au cours des deux premiers mois de 2020. De son côté, Wu Xiaoling l’ancien gouverneur adjoint de la Banque centrale chinoise (PBOC), suggère au contraire de soutenir l’économie afin de financer la construction des infrastructures et de compenser les coûts de production.

(Avec Asianews, Pékin)


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