Eglises d'Asie

Corruption : Trois fonctionnaires accusés d’avoir détourné des fonds destinés à la reconstruction

Publié le 19/01/2019




Suite aux tremblements de terre dévastateurs qui ont frappé l’Indonésie en juillet et août 2018, tuant au moins 563 personnes et abîmant des milliers de bâtiments, trois fonctionnaires du ministère des Affaires religieuses de la province des Petites îles de la Sonde occidentales (Nusa Tenggara) sont accusés d’avoir demandé une commission de 20 % sur des fonds destinés à la reconstruction. Un conseiller local avait déjà été arrêté en septembre pour corruption dans une affaire similaire. Agus Sunaryanto, de l’ONG Indonesia Corruption Watch, dénonce le manque de contrôles.

La police indonésienne a arrêté trois fonctionnaires du ministère des Affaires religieuses de la province des Petites îles de la Sonde occidentales (Nusa Tenggara). Ils sont accusés d’avoir exigé des commissions sur des financements destinés à la réparation de 58 mosquées qui ont été endommagées durant le séisme qui a frappé la région l’an dernier. La province a été secouée par une série de tremblements de terre dévastateurs en juillet et août 2018, tuant au moins 563 personnes et abîmant des milliers de bâtiments, dont 630 mosquées. Les trois suspects – qui ne sont identifiés que par les initiales S.L., B.A. et I.K. – auraient demandé près de 20 % d’un fonds de 426 000 dollars US destiné aux réparations. À leur arrestation, ils avaient déjà empoché 7 455 dollars réservés à quatre mosquées, a déclaré la police. Ils ont été pris la main dans le sac, selon le chef de la police de Mataram, Saiful Alam. Les suspects identifiés comme B.A. et I.K. ont été arrêtés en début de semaine, et le troisième d’entre eux a été arrêté le 17 janvier. B.A. a été arrêté en possession de 710 dollars qu’il avait pris à l’administrateur d’une mosquée, explique Saiful Alam. « Les suspects ont dit aux administrateurs des mosquées qu’ils auraient du mal à obtenir leurs fonds s’ils refusaient d’en céder 20 % », précise Saiful, qui ajoute qu’il y a également des preuves de transferts de fonds entre les accusés. Aujourd’hui, ils risquent jusqu’à 20 ans de prison.

Nasarudin, responsable de la branche locale du ministère des Affaires religieuses, confie sa consternation suite aux arrestations des suspects. Si leur corruption est avérée, ils seront renvoyés et privés des avantages dont ils disposent en tant que fonctionnaires. « Nous ne leur fournirons pas d’avocat. Ce dont ils sont accusés est très embarrassant et souille l’ensemble de notre ministère », souligne Nasarudin, qui ne porte qu’un seul nom comme beaucoup d’Indonésiens. L’annonce de l’arrestation n’a pas surpris Agus Sunaryanto, coordinateur adjoint de l’ONG Indonesia Corruption Watch, qui assure que les fonds destinés aux réparations des dégâts provoqués par les catastrophes sont exposés à la corruption à cause du manque de contrôles. « Durant les catastrophes, les gens se concentrent surtout sur les victimes et sur la façon de reconstruire les infrastructures aussi vite que possible. Ainsi, ils oublient de surveiller le versement des fonds destinés aux catastrophes », a-t-il expliqué au quotidien The Jakarta Post. La police de la province a déjà arrêté un conseiller local en septembre pour avoir saisi de l’argent destiné à la reconstruction d’écoles endommagées. Il a été arrêté peu après avoir obtenu une seconde somme de 2 000 dollars en espèces.

(Avec Ucanews, Jakarta)


CRÉDITS

Cabinet Secretariat of Indonesia