Eglises d'Asie

Covid-19 : le gouvernement indonésien se prépare au retour de plus de 16 000 travailleurs migrants

Publié le 08/05/2020




Ce mois-ci, les autorités indonésiennes se préparent au retour au pays d’au moins 16 000 travailleurs migrants, qui subissent les conséquences économiques des politiques de confinement dans leurs pays d’accueil. « Chacun d’entre eux doit subir un examen complet et rester en quarantaine pendant 14 jours. Cela doit être appliqué rigoureusement, pour éviter une nouvelle vague de contaminations », a déclaré le président Joko Widodo. De son côté, l’Église catholique en Indonésie se dit prête à intervenir et sensibiliser la population locale, pour éviter une discrimination des nouveaux arrivants. Pour le père Rahmat, directeur de l’organisation Vivat International Indonesia, « tant que les protocoles sont respectés, la population n’a rien à craindre ».

L’Indonésie se prépare au retour d’au moins 16 000 travailleurs migrants et expatriés indonésiens, forcés de rentrer en raison des conséquences économiques du confinement imposé dans leurs pays d’accueil. Ce nouveau flux imminent de migrants a poussé le président indonésien Joko Widodo et l’équipe spéciale indonésienne anti Covid-19 à la vigilance quant à l’application des mesures sanitaires, avant le retour des migrants dans les régions d’origine. Les autorités indonésiennes et la population craignent que cela ne multiplie les risques de propagation du coronavirus dans le pays – plusieurs milliers de migrants indonésiens sont déjà rentrés, mais avant que la pandémie n’explose dans d’autres régions du monde. « Toutes les personnes qui entrent dans le pays doivent subir un examen complet et rester en quarantaine pendant 14 jours. Cela doit être appliqué rigoureusement, pour éviter une nouvelle vague de contaminations », a déclaré le président Widodo, cité par Kompas.com. Benny Ramdhani, qui dirige l’agence du gouvernement indonésien pour la Protection des travailleurs migrants indonésiens, confie que ceux qui reviennent n’ont pas d’autre choix, alors que le confinement a déjà entraîné de lourdes conséquences économiques dans leurs pays d’accueil. « La plupart d’entre eux travaillaient en Malaisie », a-t-il précisé, en ajoutant que les autres travaillaient dans des pays fortement exposés comme la Corée du Sud ou certains pays européens. Wahyu Susilo, directeur général du groupe Migrant CARE, souligne l’urgence de fournir des logements et des soins adaptés aux migrants concernés. Il appelle également le gouvernement à assurer qu’ils ne soient pas stigmatisés par la population locale, qui pourrait « penser à tort qu’ils sont tous des porteurs du virus ». Le père Paul Rahmat, du Verbe Divin, directeur de l’organisation catholique Vivat International Indonesia, partage ces craintes. Pour lui, « tant que les protocoles de sécurité sont respectés, la population locale n’a rien à craindre ». Le père Rahmat ajoute que la discrimination et le rejet de leurs communautés pourraient pousser les migrants de retour dans une situation particulièrement vulnérable, simplement « à cause de personnes croyant à tort qu’ils sont porteurs du virus ». Le gouvernement doit intervenir pour éviter une telle situation, souligne le prêtre, qui ajoute que l’Église catholique est prête à intervenir pour sensibiliser la population.

(Avec Ucanews, Jakarta)


CRÉDITS

DR