Eglises d'Asie

Crise démographique : la Corée du Sud enregistre une forte baisse du taux de natalité en 2020

Publié le 06/01/2021




Le ministère sud-coréen de l’Intérieur et de la Sécurité a indiqué une baisse de la population en Corée du Sud entre 2019 et 2020, avec une chute de 20 838 habitants enregistrée. Une tendance liée à un faible taux de natalité – avec 275 815 naissances et 307 764 décès enregistrés en 2020. La population sud-coréenne s’élève aujourd’hui à près de 51,83 millions d’habitants. Le mois dernier, le président Moon Jae-in a lancé une série de mesures destinées à résoudre le problème, avec notamment des avantages réservés aux familles. De son côté, l’Église catholique locale est engagée au service de l’éducation familiale.

Selon le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité de Corée du Sud, le pays a enregistré pour la première fois une baisse du nombre d’habitants, avec une chute de 20 838 habitants entre 2019 et 2020. Une tendance liée aux taux de natalité, et qui pourrait empirer avec la pandémie, avec de lourdes conséquences sur le plan économique. Ces chiffres représentent une chute de 10,65 % des naissances par rapport à 2019, avec 275 815 naissances et 307 764 décès enregistrés en 2020 (soit une augmentation de 3,1 % des décès d’une année à l’autre). La population sud-coréenne s’élève aujourd’hui à près de 51,83 millions d’habitants. Selon les projections officielles, le nombre moyen de naissances fixé pour la Corée du Sud entre 2020 et 2025 devait être d’environ 297 000 naissances par an, mais les naissances réelles de l’année dernière ont été inférieures à ces prévisions.

Le taux de fécondité le plus bas

La Corée du Sud détient le taux de fécondité le plus bas au monde, avec le record inquiétant de 0,84 enfant par femme au troisième trimestre 2020, loin derrière le taux minimum de 2,1 – jugé nécessaire par les Nations Unies pour équilibrer efficacement le taux de mortalité d’un pays. Dans un communiqué, le ministère sud-coréen a déclaré que c’est la première fois que « le nombre de nouveau-nés n’a pas réussi à compenser le nombre de décès » depuis que le pays a commencé à collecter des données démographiques, après la fin de la guerre de Corée en 1953. « C’est pire que prévu », a déclaré Choi Jin-ho, professeur de sociologie à l’Université Suwon Anjou, au sud de Séoul. « Et à cause des conséquences de la pandémie, le nombre de naissances risque encore de baisser au cours de la nouvelle année. » Pour lui, la hausse du chômage, des dépenses immobilières et autres problèmes financiers pourraient dissuader de nombreux jeunes coréens de fonder une famille.

Beaucoup de petites et moyennes entreprises n’accordent pas de congé parental, et de nombreuses femmes risquent de voir leur carrière affectée par une grossesse. Dans ces circonstances, nombre d’entre elles choisissent de ne pas avoir d’enfants. Ce déclin démographique entraîne de lourdes conséquences concernant la santé et les retraites, ainsi qu’un manque de personnel au sein de la population active. Le mois dernier, le président Moon Jae-in a lancé une série de mesures destinées à résoudre le problème, avec notamment des avantages réservés aux familles. Dans ce cadre, chaque naissance permettra une prime de 2 millions de wons (1 496 euros) afin de couvrir les dépenses prénatales, en plus d’une aide mensuelle de 300 000 wons (225 euros) jusqu’à ce que le nouveau-né atteigne l’âge d’un an – une mesure prévue jusqu’en 2025. Les gouvernements successifs en Corée du Sud ont largement investi afin de soutenir les naissances ; de son côté, l’Église catholique locale est engagée au service de l’éducation familiale.

(Avec Asianews, Séoul)


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