Eglises d'Asie

Dans l’État du Gujarat, le diocèse de Rajkot s’organise auprès des victimes du cyclone Tauktae

Publié le 29/05/2021




Il y a une dizaine de jours, les 17 et 18 mai, plusieurs régions côtières de l’ouest de l’Inde, notamment dans l’État du Gujarat, ont été frappées par le passage du cyclone Tauktae. La catastrophe a entraîné au moins 169 morts et 200 000 déplacés. « Nos équipes ont visité de nombreuses zones. Certaines familles ont perdu tout ce qu’elles avaient – maisons, arbres fruitiers et bétail », explique le père Thomas Mathew, directeur de la branche sociale du diocèse de Rajkot, qui couvre les zones les plus affectées.

Des volontaires du diocèse de Rajkot, dans l’État du Gujarat, sur la côte ouest indienne, s’organisent pour distribuer une aide alimentaire et de l’eau potable à plusieurs milliers d’habitants affectés par le passage du cyclone Tauktae. Les 17 et 18 mai, le cyclone a entraîné au moins 169 morts et près de 200 000 réfugiés, ainsi que 81 personnes toujours portées disparues. La tempête a également détruit environ 50 000 habitations et dévasté des cultures, sans compter les conséquences de la catastrophe sur le bétail, les ligne électriques et le réseau routier, bloquant durablement toute activité normale dans la région. « Nous avons avant tout besoin d’eau et de nourriture », explique le père Thomas Mathew, directeur de la branche sociale du diocèse de Rajkot, qui couvre les zones les plus affectées dans l’État du Gujarat, notamment les districts de Gir Somnath, de Bhavnagar et d’Amreli. « Les nôtres n’ont rien à manger. Le cyclone et les fortes pluies ont détruit toutes leurs réserves », a déploré le prêtre le 24 mai, interrogé après avoir achevé une première estimation des dégâts dans la région. « Les gens d’ici dépendent des eaux souterraines tirées des puits profonds pour leurs besoins quotidiens, et ils n’ont pas beaucoup de puits ouverts. Sans électricité, il leur est impossible de pomper l’eau, même pour boire. »

« Certaines familles ont tout perdu »

Les routes bloquées et le manque d’infrastructures compliquent également l’acheminement et le stockage d’eau potable, a-t-il expliqué. Plus de 80 décès ont été rapportés dans le Gujarat, où le cyclone a frappé 12 districts. D’autres victimes ont été rapportées le long de la côte dans les États du Kerala, du Karnataka, de Goa et du Maharashtra, ainsi que dans les territoires de Lakshadweep et de Daman et Diu. « Nos équipes ont visité de nombreuses zones. Certaines familles ont perdu tout ce qu’elles avaient – maisons, arbres fruitiers et bétail », confie le père Mathew. Dans un village de la région de Bagsara Hudko, près de 100 familles ont perdu leurs logements. Selon un rapport d’une équipe du diocèse de Rajkot, les habitants ont perdu leurs vêtements, leurs réserves alimentaires et tout ce qu’ils possédaient. Beaucoup de gens sont hébergés dans des écoles et autres bâtiments publics. Le cyclone a arraché les tuiles et les toits de tôle des maisons, et les pluies torrentielles ont détruit les murs, selon le rapport. Au village de Darad, qui compte environ 3 000 familles, les gens survivent sans eau potable ni nourriture et déplorent une panne de courant. Le propriétaire d’une meunerie locale possède un générateur électrique fonctionnant au diesel, utilisé par les villageois et les habitants de la région.

Les opérations freinées par les restrictions sanitaires

Dans un autre village, le générateur électrique d’une ferme locale est utilisé pour pomper l’eau d’un puits. « Les gens viennent de partout pour puiser de l’eau ici », affirme le rapport de l’équipe diocésaine, qui évoque également le commerce illégal de pétrole et de diesel dans les zones affectées. Le père Mathew estime que les volontaires du diocèse peuvent fournir au moins un mois de rations déshydratées à 15 000 familles. « Nous avons beaucoup d’équipes sur le terrain qui essaient d’identifier ceux qui sont le plus dans le besoin, pour les aider à survivre à cette crise », assure le prêtre qui appelle « tout le monde à participer et à venir en aide à nos frères et sœurs ». Alors que les restrictions sanitaires sont toujours en vigueur, le prêtre explique qu’il est parfois difficile de collecter de la nourriture et d’autres biens essentiels pour les populations affectées. La tempête a également détruit toutes les sites de stockage de céréales et autres biens alimentaires. « Nous devons trouver des céréales alimentaires en dehors de l’État du Gujarat, et les restrictions contre le Covid-19 constituent un énorme frein aux opérations. »

(Avec Ucanews)


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