Eglises d'Asie

Décès du père Nguyen Huyen Duc, ancien abbé en exil du monastère bénédictin de Thien An

Publié le 07/10/2022




Le monastère bénédictin de Thien An, dans le centre du Vietnam, a annoncé le décès en Europe du père Nguyen Huyen Duc, ancien abbé en exil, à l’âge de 50 ans. Il est décédé le 4 octobre des suites d’un cancer du poumon, qui serait lié à un empoisonnement survenu en 2016. Il était soigné en Allemagne depuis 2017. Selon l’abbé Dang Hung Tan du monastère de Thien An, le père Duc a servi comme supérieur de la communauté de 2014 à 2017. « Il a été élu abbé le 25 avril 2019, mais il n’a pas pu rentrer au Vietnam pour y être installé », a-t-il expliqué.

En 2017, le père Antoine de Padoue Nguyen Huyen Duc, alors supérieur du monastère de Thien An, devant une croix renversée.

Un ancien abbé du monastère bénédictin de Thien An, dans la province de Thua Thien Hue dans le centre du Vietnam, est décédé en Europe après une longue lutte contre un cancer ; selon les médecins, sa maladie pourrait être due à un empoisonnement. Le père Antoine de padoue Nguyen Huyen Duc, âgé de 50 ans, est mort le 4 octobre dans un hôpital en Allemagne, où il suivait des traitements contre un cancer du poumon depuis 2017. Son décès a été annoncé par le père Louis de Gonzague Dang Hung Tan, abbé actuel du monastère de Thien An.

L’abbé vietnamien a rappelé que le moine défunt, qui a servi comme supérieur du monastère de 2014 à 2017, « a été élu abbé le 25 avril 2019, mais il n’a pas pu rentrer au Vietnam pour y être installé ». Alors qu’il était encore dans le pays, le père Duc a régulièrement dénoncé des attaques violentes des autorités locales contre les bénédictins, dans le cadre d’un long conflit territorial. La police locale aurait également endommagé des infrastructures du monastère et profané une croix et une statue du Christ, qui étaient érigées sur un terrain appartenant au monastère depuis le début des années 1940.

« Nous voulons demander justice d’une manière pacifique, afin de protéger la propriété légale de l’Église jusqu’à notre dernier souffle », a notamment déclaré le père Duc dans en 2017. Dans une lettre adressée aux moines bénédictins pour expliquer ses problèmes de santé, le moine avait précisé qu’il avait commencé à ressentir des douleurs atroces et à perdre ses cheveux après avoir bu du café et du thé, offert par deux visiteurs durant le festival de Tet ou du Nouvel an lunaire, en 2016 au monastère de Thien An.

Un monastère fondé en 1940 par l’abbaye de Pierre-qui-Vire

Le bénédictin a alors dû suivre un traitement médical en Allemagne, où les médecins ont diagnostiqué un cancer du poumon en phase terminale, entre autres graves problèmes de santé, et en suspectant qu’il a été empoisonné. La santé du père Duc s’est détériorée et il n’a pas pu rentrer au Vietnam avant le mois de septembre 2019. Mais à son atterrissage à Hanoï, les autorités l’ont interrogé et lui ont demandé de quitter le pays pour sa propre sécurité et dans l’intérêt du monastère. Il est resté une dizaine de jours dans la capitale vietnamienne avant de repartir en Allemagne.

En mai 2019, Nguyen Dung, un responsable du Comité populaire de la province de Thua Thien Hue a écrit aux supérieurs de l’Ordre de Saint-Benoît et aux bénédictins au Vietnam, en leur demandant de renommer le père Duc comme supérieur du monastère de Thien An et de ne lui confier aucun travail dans la province. Le fonctionnaire a affirmé que le moine aurait coupé des pins dans des bois autour du monastère et qu’il aurait empiété sur du terrain public contrôlé par le gouvernement. Il a ajouté que par ces actions, il aurait incité à la haine nationale et à l’opposition contre le gouvernement.

Le monastère de Thien An a été fondé sur un terrain de plus de 107 hectares, en 1940 par des moines bénédictins de l’abbaye Sainte-Marie-de-la-Pierre-qui-Vire (France). Après 1975, le gouvernement communiste vietnamien aurait « emprunté » 57 hectares de terrain au monastère avant d’y assigner une compagnie d’exploitation forestière. En 2000, le gouvernement a confisqué presque tout le terrain restant pour y implanter une société de tourisme, en laissant seulement près de six hectares incluant le monastère, que les bénédictins ont pu conserver.

(Avec Ucanews)


CRÉDITS

Ucanews