Eglises d'Asie

Défunts : appel contre les faux prêtres

Publié le 31/10/2018






Des millions de Philippins s’apprêtent à se rendre dans leur province d’origine afin de rendre visite aux tombes de leurs défunts. Avant les célébrations, Mgr Broderick Pabillo, archevêque auxiliaire de Manille, a tenu à rappeler aux fidèles que les bénédictions des tombes sont gratuites, les mettant en garde contre les « faux prêtres » qui profitent de la générosité des gens. Les 1er et 2 novembre, fériés dans le pays, sont en effet l’occasion, pour les Philippins, de venir bénir les tombes de leurs proches. Selon la police, plus de 14,5 millions de Philippins devraient prendre part aux événements.

Mgr Broderick Pabillo, archevêque auxiliaire de Manille, a appelé les catholiques à ne pas donner d’argent pour les bénédictions des tombes, le jour de la commémoration des fidèles défunts, le 2 novembre. L’évêque a indiqué que des « faux prêtres » peuvent saisir l’occasion pour se faire de l’argent en profitant de la générosité des gens. Chaque année, les Philippins s’amassent dans les cimetières les 1er et 2 novembre pour venir visiter les tombes de leurs proches. Mgr Pabillo a déclaré que quand les prêtres catholiques célèbrent la messe pour les défunts ou qu’ils visitent les tombes des défunts, ils ne demandent pas d’argent. « Parfois, ce ne sont pas les prêtres qui viennent bénir les tombes, mais des séminaristes ou des ministres laïcs », ajoute l’évêque. Mgr Pabillo, qui dirige la commission épiscopale pour les laïcs au sein de la conférence des évêques philippins, souligne que les catholiques eux-mêmes peuvent aussi bénir les tombes. « Certaines paroisses distribuent des copies de la prière pour les défunts, que vous pouvez emporter dans les cimetières pour la réciter. Les fidèles peuvent aussi apporter de l’eau bénite qu’ils peuvent répandre sur les tombes », ajoute l’évêque.

Bien que le jour des défunts soit célébré le 2 novembre selon le calendrier liturgique, les Philippins ont l’habitude de visiter les tombes de leurs proches le jour de la Toussaint, le 1er novembre. Le père Charles Belmonte, un théologien, estime que ce qui était censé être à la base une commémoration solennelle des fidèles défunts s’est transformé en divertissement. « Les Philippins sont ouvertement pieux, mais il nous faut mieux comprendre le respect des chrétiens pour les morts et la signification de la mort chrétienne », affirme le prêtre. Il remarque que les fidèles ont peut-être oublié la signification de ces commémorations, « quand on voit qu’il manque une atmosphère de prière dans les cimetières ». Les deux jours fériés, appelés « Undas » dans le pays, sont devenus l’occasion pour la population de venir rendre hommage à leurs proches défunts, mais aussi de retrouver leurs familles dans leurs provinces d’origine.

La célébration de l’Undas, de l’espagnol « andas » ou Jour des défunts, est apparue aux Philippines avec l’arrivée des premiers religieux espagnols dans le pays. Une semaine avant la Toussaint, les autorités ont installé des centres d’accueil dans les ports, les gares et le long des principales artères du pays, alors que des millions de Philippins s’apprêtent à traverser le pays pour visiter leurs familles. Oscar Albayalde, chef de la police nationale philippine, a déclaré que 32 000 policiers seront présents dans les différents centres installés, avec l’aide de 87 000 assistants (membres du gouvernement, volontaires d’ONG et d’autres organisations…). Selon la police, plus de 14,5 millions de Philippins devraient se rendre dans les différents cimetières et mémoriaux à travers le pays.

(Avec Ucanews, Manille)


CRÉDITS

Photo Fr. Jeffrey Pioquinto, SJ