Eglises d'Asie

Delhi : la Cour suprême indienne alerte sur la situation des soignants, épuisés par trois mois de crise

Publié le 23/06/2020




Après trois mois de crise sanitaire et de confinement, l’UNA (United Nurses Association), l’association des infirmiers indiens, est intervenue en constatant les conditions de travail des soignants, trop peu nombreux et sursollicités. En effet, en 2018, au moins 700 000 soignants indiens travaillaient à l’étranger. Pour pallier les manques, au début de la crise, des soignants ont été envoyés dans les zones densément peuplées comme Mumbai. Le 18 juin, la Cour suprême a soutenu les plaintes de l’UNA en demandant des explications au gouvernement fédéral. On compte 36 soignants qui sont décédés durant la crise dans le pays. À ce jour, l’Inde a enregistré 395 000 cas d’infection, dont presque 13 000 décès.

Parmi le personnel médical indien, peu nombreux dans le pays (beaucoup ayant émigré dans d’autres pays, du Canada à l’Australie), on compte au moins 700 0000 infirmiers et médecins à l’étranger, selon les statistiques officielles de 2018. Après la crise sanitaire, ils ont été appelés « anges de compassion », « combattants du Covid-19 » et « héros modernes » par leurs compatriotes, saluant les risques encourus par les soignants face à la maladie. Malgré le manque de personnel soignant en Inde, l’urgence sanitaire a amené le gouvernement indien à envoyer des médecins aux Émirats Arabes Unis (voir photo) et des équipes de soignants aux Maldives, à l’île Maurice, à Madagascar, aux Comores et aux Seychelles. Des infirmières de tout le pays ont également été envoyées dans des zones densément peuplées comme Mumbai, à la demande du gouvernement de l’État du Maharashtra. Aujourd’hui, en revanche, de nombreux soignants se plaignent des difficultés de leurs conditions de travail, à force de surcharge de travail et d’épuisement. Les services d’urgence prenant en charge les cas de Covid-19 ont été particulièrement éprouvants, les soignants travaillant sans pause et exposés aux risques de contagion. L’UNA (United Nurses Association), l’association des infirmiers indiens, a dû intervenir face à cette situation. M. Jasminsha, président de l’organisation, confie que dans trop d’hôpitaux, les malades sont traités sans protections adaptées. Il déplore notamment le fait que certains patients infectés par le Covid-19 sont pris en charge dans le Maharashtra et à Delhi sans porter de masques. Le 18 juin, la Cour suprême indienne a soutenu les plaintes déposées par l’UNA en demandant au gouvernement fédéral de s’expliquer. En effet, le 22 mars, en annonçant le début du confinement, le Premier ministre Narendra Modi avait invité tous les Indiens à exprimer leurs gratitudes envers le personnel médical.  Mais après trois mois de travail dense et intensif, les soignants indiens demandent un cadre du travail plus serein. Dans beaucoup de cas, davantage que la fatigue physique, les soignants souffrent de dépression en raison des conditions extrêmes auxquelles ils peuvent être confrontés. On compte également 30 médecins et 6 infirmiers qui sont décédés durant la crise dans le pays. À ce jour, l’Inde a enregistré 395 000 cas d’infection, dont presque 13 000 décès.

(Avec Asianews, New Delhi)


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