Eglises d'Asie

Des religieuses indonésiennes prient pour la béatification de Mgr Manek, deuxième évêque natif d’Indonésie

Publié le 02/03/2021




Près de 32 ans après la mort de Mgr Gabriel Wilhelmus Manek, archevêque émérite d’Ende, dans l’île de Flores, la congrégation des Filles de la Reine du Rosaire (PRR), fondée par l’évêque défunt, prie pour sa béatification. Mgr Manek, deuxième évêque natif d’Indonésie, a fondé la congrégation PRR en 1958. Depuis sa fondation, la congrégation a compté plus de 400 membres envoyées dans plusieurs pays. Mgr Kopong Kung, évêque de Larantuka où se trouve le corps du défunt, aurait donné son accord en janvier dernier pour la poursuite du processus de béatification.

Mgr Gabriel Wilhelmus Manek, archevêque émérite d’Ende, dans l’île de Flores, majoritairement catholique, est décédé il y a presque 32 ans à l’âge de 76 ans. Mais de nombreux fidèles indonésiens se souviennent encore de lui et de son service aux plus démunis de la région. Né en août 1913 et ordonné prêtre pour la congrégation du Verbe Divin en janvier 1941, il est devenu évêque dix ans plus tard, en mars 1951. Sept ans plus tard, le 15 août 1958, il a fondé la congrégation des Filles de la Reine du Rosaire (PRR) avec une religieuse des Sœurs missionnaires du Saint-Esprit. « Nous croyons qu’il n’a pas fondé cette congrégation seulement de sa propre volonté. Tout ce qui est créé par les hommes finit par disparaître, mais il a fondé quelque chose qui continue de grandir aujourd’hui. C’était la volonté de Dieu », souligne sœur M. Leoni, provinciale de la congrégation PRR pour la région occidentale de l’archipel indonésien. Depuis sa fondation, la congrégation des Filles de la Reine du Rosaire a compté plus de 400 religieuses envoyées dans de nombreux pays. « Nous sommes ses filles. Sans lui, nous n’en serions pas là », explique sœur Leoni à propos du fondateur.

Mgr Manek a été nommé archevêque d’Ende en janvier 1961, et archevêque titulaire de Bavagaliana en décembre 1968. Huit ans plus tard, en 1976, il a démissionné de sa charge épiscopale pour raisons de santé avant de partir pour les États-Unis pour suivre un traitement médical. Il y a servi les communautés japonaises et afro-américaines jusqu’à sa mort, à Denver (Colorado) en 1989. Enterrée à Techny (Illinois), sa dépouille a été renvoyée en Indonésie en 2007. « Nous sommes vraiment tristes de n’avoir pu nous rendre à ses funérailles. J’étais encore novice à l’époque. Mais nous sommes toujours restées proches de lui dans la prière », confie sœur Leoni, qui assure que Mgr Manek a montré une grande compassion pour les pauvres, les plus marginalisés et les malades de la lèpre. « En tant qu’évêque, il allait souvent visiter les lépreux vivant dans une petite colonie située sur une île, et il leur apportait des vêtements. » L’évêque défunt, dont la devise épiscopale était Maria Protegente (Sous la protection de la Vierge Marie), avait également une grande dévotion envers la Vierge. « Il souffrait beaucoup. Il a rencontré beaucoup de critiques quand il était archevêque d’Ende, mais il était persuadé qu’il pouvait aller de l’avant grâce à Dieu, et que l’intercession de la Vierge Marie l’aiderait. »

L’espoir d’une béatification

Le témoignage de foi de Mgr Manek continue de marquer les religieuses, qui s’efforcent de le faire connaître aux catholiques indonésiens. Sœur Maria Gratiana, qui dirige la congrégation, a déclaré en janvier que les sœurs avaient entamé un processus dans l’espérance d’une béatification de l’ancien archevêque. « Il y a deux ans, nous avons envoyé une membre de notre congrégation au Vatican pendant un an afin d’étudier les documents sur le processus de béatification et de canonisation. La première étape est d’obtenir l’accord d’un évêque local où le candidat a vécu durant au moins dix ans », explique sœur Gratiana. « Maintenant que son corps se trouve dans la chapelle Mgr Gabriel Manek de Larantuka, un accord devrait être confirmé par l’évêque local. Le 8 janvier, nos représentantes ont rencontré Mgr Fransiskus Kopong Kung, l’évêque de Larantuka, et il a donné son feu vert en nous assurant de ses prières. » Le corps du défunt a été exhumé en 2007 à la demande de la congrégation des Filles de la Reine du Rosaire, 18 ans après sa mort. Son corps serait toujours intact. Dans le cadre du processus de béatification, les religieuses et les membres d’un groupe catholique laïc appelé les Amis de Monsignor Gabriel Manek ont lancé une neuvaine de prière, organisée tous les mois. « Nous ignorons combien de temps durera cette neuvaine. Le processus de béatification peut prendre beaucoup de temps. Avant que cela ait lieu, si cela a lieu, cela peut prendre des années. C’est entre les mains de Dieu », confie sœur Gratiana.

Une vie exemplaire

Mgr Kopong Kung, l’évêque de Larantuka, estime que la spiritualité de l’évêque défunt a montré un bon exemple. « Il a eu le courage de fonder la congrégation PRR. Cela s’inscrit dans un mouvement spirituel qu’il a lancé et qui l’a conduit à fonder la congrégation, qui compte aujourd’hui des membres dans plusieurs pays. Il s’est laissé guider par l’Esprit Saint », souligne Mgr Kapong Kung. « Le plus important, c’est sa vie exemplaire, la façon dont sa présence pouvait être un exemple, non seulement pour les religieuses mais pour toute l’Église. » Concernant le fait que son corps a été retrouvé intact, Mgr Kung estime que cela ne doit pas être vu uniquement comme un signe de sainteté, même s’il pense qu’un signe aussi visible peut aider les religieuses et les pousser à continuer dans leur démarche. « Les expériences spirituelles des laïcs qui prient Dieu par son intercession peuvent aussi faire l’objet d’enquêtes. » Parmi ces témoignages, on compte l’expérience d’une femme infectée d’une tumeur au Timor-Leste. Un jour, alors qu’elle se rendait à l’hôpital, elle s’est arrêtée pour prier dans une chapelle où se trouvait une image de Mgr Manek. Sa tumeur a disparu peu après. Fransiskus Loeky Tjoa, responsable du groupe laïc des Amis de Monsignor Gabriel Manek, assure que la vie de Mgr Manek – le deuxième évêque natif d’Indonésie après le père jésuite Albertus Soegijapranata – mérite d’être montrée en exemple. « C’est pourquoi notre groupe visite régulièrement des familles malades depuis la fondation de notre groupe en 2017. Le témoignage de l’évêque défunt auprès des personnes dans le besoin doit rester vivant. »

(Avec Ucanews, Jakarta)


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