Eglises d'Asie

Dix ans après la catastrophe, les évêques japonais en faveur de la fermeture des centrales nucléaires

Publié le 13/03/2021




Le 11 mars, dix ans après la triple catastrophe de 2011, les évêques japonais ont publié un message en renouvelant leur engagement auprès des communautés affectées et en demandant la fermeture immédiate des centrales. Ils ont également rappelé les paroles du pape durant son voyage de novembre 2019. Lors de sa rencontre avec les victimes, il avait salué tous ceux qui « se sont mobilisés par la prière et le soutien matériel et financier ; une action qui ne doit pas se perdre avec le temps et disparaître après le choc initial, mais que nous devons perpétuer et soutenir ».

En 2014 au Parlement européen de Strasbourg, une commémoration de la catastrophe de Fukushima organisée trois ans après les événements.

Le 11 mars, la Conférence épiscopale japonaise a publié un message à l’occasion du dixième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, une décennie après les événements du 11 mars 2011. Dans leur déclaration, les évêques japonais soulignent qu’ils continueront de soutenir les communautés affectées par la triple catastrophe survenue il y a dix ans, en appelant le gouvernement à fermer immédiatement les centrales nucléaires : « Nous, évêques, avons demandé, en qualité de croyants qui protégeons la vie en tant que don de Dieu, la fermeture des centrales. » « Cela fait dix ans qu’une catastrophe sans précédent a frappé l’est du Japon, surtout le long de la côte Pacifique du Tohoku. Presque 20 000 personnes sont mortes, et 2 500 personnes sont encore portées disparues. Aujourd’hui, on compte toujours plus de 40 000 personnes qui vivent comme des réfugiés. Nous continuons de prier pour le repos éternel des victimes et nous renouvelons toute notre sympathie à leurs proches », ont-ils poursuivi.

« Face à des dégâts bien supérieurs à ce que nous aurions pu imaginer, beaucoup de gens, non seulement au Japon mais aussi dans toutes les régions du monde, nous ont apporté leur soutien. Des liens de solidarité se sont tissés à travers le monde, ce qui a permis d’organiser de nombreuses opérations de secours lors des autres catastrophes qui ont frappé le pays depuis », ont rappelé les évêques dans leur message. Pour cette raison, l’épiscopat japonais s’est dit profondément reconnaissant envers tous les donateurs qui ont envoyé des fonds, envers les volontaires, les organisations humanitaires, les administrations locales et les services sociaux qui ont travaillé aux côtés de Caritas Japon au cours des dernières années. Les évêques ont demandé à tous ceux qui ont soutenu la reconstruction des zones affectées de « continuer de prier pour nos frères et sœurs vivant dans la région ». « L’Église catholique était déjà présente localement avant même la catastrophe, et elle a continué de travailler avec les communautés affectées afin de susciter une nouvelle espérance », ont-ils souligné.

« Protéger toute vie »

Le diocèse de Sendai a notamment lancé des opérations de reconstruction avec comme devise « Une nouvelle Création ». Le 25 novembre 2019, lors de sa rencontre avec les victimes de la triple catastrophe à Tokyo, durant son voyage au Japon, le pape François, avait salué tous ceux qui « se sont mobilisés immédiatement après la catastrophe, pour aider les victimes par la prière et le soutien matériel et financier ». « Une action qui ne doit pas se perdre avec le temps et disparaître après le choc initial, mais que nous devons perpétuer et soutenir. » En rappelant ces paroles du pape, les évêques ont confié que l’Église catholique au Japon, « inspirée par ces mots, continuera d’accompagner les habitants de Tokoku comme des amis, des frères et sœurs ». « L’Église catholique croit que la vie humaine est un don de Dieu. Le thème de la visite du pape François au Japon était ‘Protéger toute vie’. En répondant à l’appel du pape, nous voulons soutenir une société au sein de laquelle toute vie est protégée sans exception. »

Pour l’épiscopat japonais, le monde doit se souvenir de l’expérience de la catastrophe survenue il y a dix ans, et s’en inspirer aujourd’hui face à la pandémie. « Alors que nous avons été frappés par une catastrophe sans précédent, nous avons senti les limites de la sagesse et du savoir humains. Face à la puissance de la nature, nous avons compris à quel point nous sommes faibles. Et en même temps, nous avons saisi toute l’importance de nous entraider, l’importance de la solidarité pour la protection de la vie, l’importance d’avoir des cœurs sincères. Aujourd’hui, dix ans après le séisme et le tsunami, le monde doit vraiment penser à cela. »

(Avec Asianews, Tokyo)


CRÉDITS

Greens/EFA