Eglises d'Asie

Du shintoïsme à la vie consacrée : la conversion d’une religieuse japonaise

Publié le 15/03/2019




Sœur Piermaria Kondo Rumiko, une religieuse de la congrégation des Filles de Saint-Paul, est née dans une famille adepte du shintoïsme, une religion polythéiste et animiste traditionnelle japonaise. Ce sont les livres et la découverte de la Bible qui, à 24 ans, l’ont amenée à se convertir. Originaire de la préfecture d’Ehime, dans le nord-ouest de l’île de Shikoku, la religieuse témoigne de son parcours, du shintoïsme à la vie consacrée.

Sœur Piermaria Kondo Rumiko confie qu’elle est « chrétienne et religieuse par la grâce du Seigneur ». Née dans une famille shinto, elle a rejoint les Filles de Saint-Paul (sœurs paulines) après sa conversion. Fille d’un menuisier, sœur Piermaria est née dans la préfecture d’Ehime, dans le nord-ouest de l’île de Shikoku. Sa famille est adepte du shintoïsme, une religion polythéiste et animiste traditionnelle japonaise. « Quand je suis née », a-t-elle confié à MattersIndia. « Mes parents m’emmenaient souvent au temple. Comme beaucoup de Japonais, je me rendais au temple shinto le premier jour de l’année. À neuf ans, j’ai dansé lors d’une fête shinto pour un rite d’initiation », explique-t-elle. Quand elle était petite, sœur Piermaria était également marquée par sa grand-mère, poursuit la religieuse. « Elle était une shinto et une bouddhiste fervente. Elle priait le Bouddha à chaque fois qu’elle voyait une statue. Cela m’a transmis un fort sentiment d’amour envers Dieu. » Elle est devenue chrétienne à l’âge de 24 ans, après avoir traversé la maladie et plusieurs difficultés personnelles. Sœur Piermaria confie également être une bibliophile passionnée.

« Depuis que j’aime lire, je parcours souvent les librairies », explique-t-elle. « J’y suis allée pour trouver quelque chose à lire qui puisse m’apaiser et me donner une forme d’encouragement dans ma vie. J’ai trouvé un livre de Carl Hilty appelé ‘Pour les nuits blanches’. Le livre contenait beaucoup de citations de la Bible. J’ai trouvé les versets de l’Évangile particulièrement réconfortants, donc j’ai commencé à lire la Bible », raconte-t-elle. « J’ai compris que Jésus ne m’abandonne jamais quoi qu’il puisse m’arriver dans ma vie. J’ai ressenti cela quand j’ai lu un passage de l’Évangile selon saint Jean : ‘Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors.’ J’aimais aussi un chant protestant, il me semblait que j’entendais l’appel de Jésus à travers ce chant. » La jeune femme a donc commencé à se rendre dans une église protestante.

« J’ai alors ressenti l’inspiration de me donner au Seigneur pour la vie, entièrement. J’en ai parlé au pasteur. Il m’a suggéré de contacter une église catholique, puisqu’il n’y avait pas l’équivalent dans l’église protestante pour ceux qui voulaient suivre une vie consacrée. » Elle a finalement rencontré une femme travaillant à l’accueil d’une paroisse catholique, qui est devenue sa marraine. « Je lui ai parlé de mon désir d’être religieuse, et elle m’a guidée et encouragée. Après deux années de catéchuménat, j’ai reçu le baptême. Ma marraine avait deux amies au sein des Filles de Saint-Paul, elle m’a donc conseillé de les rejoindre. » En 2012, elle a prononcé ses vœux perpétuels. Sœur Piermaria confie que bien que ses parents n’approuvaient pas, « ils m’ont laissée partir ». La religieuse ajoute qu’elle ne ressentait pas le besoin d’essayer de les convertir : « La foi est une grâce, et je pense qu’ils croient en Dieu, même s’ils le prient différemment. » Depuis, son père est décédé. « Ma mère et mon frère ne comprennent toujours pas mon choix, mais ma mère m’a dit qu’elle est heureuse de me voir épanouie dans ma vocation de religieuse. »

(Avec Asianews)


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